L'actualité ivoirienne sans coloration politique

Alassane Ouattara/Message du nouvel an : paroles, paroles et paroles !

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Comme depuis sa prise de pouvoir en avril 2011 avec le soutien de la France et de l’Organisation des Nations Unies, Alassane Ouattara semble être abonné au discours fleuve de fin d’année sous fond d’autocélébration mais loin des réalités que vivent les Ivoiriens.

2017 vient de s’achever avec son lot de difficultés que les autorités ivoiriennes ont par moment fait l’effort de régler. Bien trop souvent, le régime Ouattara s’est remué suite à des poussées de colère sur les médias sociaux. A défaut de promouvoir des espaces démocratiques et de rendre les médias d’Etat accessibles aux citoyens et à l’opposition, ce régime hostile à toutes contradictions n’offre qu’une seule alternative aux Ivoiriens : la contestation via internet. Et durant 2017, la grogne sociale ne s’est jamais estompée.

En indiquant qu’au « plan de la sécurité intérieure, nos Forces ont dû faire face à de nombreux faits de grand banditisme et de délinquance juvénile qui ont troublé la quiétude de nos populations », Alassane Ouattara rappelle en quelque secondes ce qui serait juste de qualifier de problème sécuritaire important que les ivoiriens ont vécu cette année. « Délinquance juvénile », terme politiquement correct pour qualifier le fléau des « microbes ». Quant au « grand banditisme », il désigne une série d’évasions jusque-là inexpliquée dans les prisons du pays devenues de véritables passoires sécuritaires.

Malgré le « recrutement de 900 nouveaux Policiers en 2017 », les microbes ont défié les forces de sécurité sous le regard coupable des autorités qui semblaient avoir pris fait et cause pour les gamins tueurs au lieu d’aider la Police à les « neutraliser ». Le réveil tardif des services de sécurité après l’assassinat de l’un des leurs n’a toujours pas aidé à enrailler le fléau. Les microbes continuent de tuer et de terroriser les populations. La question de l’insertion de ces enfants a été évoquée mais qu’en est-il réellement ? Alassane Ouattara et son gouvernement n’en parle plus ! Pourtant à l’entendre rappeler la santé économique de la Côte d’Ivoire il serait possible de faire face aux problèmes sociaux avec aisance.

« Notre économie se porte globalement bien. Elle est solide ; elle est résiliente. Après un taux de croissance moyen annuel de 9% sur la période 2012-2016, notre croissance économique devrait se situer autour du taux très appréciable de 8% en 2017, en dépit des fortes tensions internes et de la baisse des cours du cacao » affirme le chantre de l’émergence. Mais au fond à qui profite réellement ce taux de croissance moyen annuel de 9% ? Certainement à une minorité dans les grâces politiques du pouvoir que les médias occidentaux à coup de publi-reportages qualifient de classe moyenne.

La grande majorité des ivoiriens broient du noir en témoigne ces jeunes malmenés par la misère et qui préfèrent regagner l’Europe par des voies clandestines. Au pays de l’émergence, la jeunesse préfère l’exil : une véritable contradiction ! Entre temps, pendant que les ivoiriens souffrent, le régime Ouattara continue de mettre en place des Institutions lourdes et budgétivores. S’appuyant sur la nouvelle Constitution boudée par le peuple lors de son adoption, Alassane Ouattara annonce que le « siège du Sénat sera établi à Yamoussoukro, après celui de la Chambre des Rois et Chefs Traditionnels ». Alors que certains pays africains qui ont expérimenté le sénat le jugent inutile, le régime des Houphouëtistes semble afficher sa volonté de créer « un dépotoir » pour vieux politiciens. Des élections seront organisées à coup de million pour décider de qui sera payé à ne rien faire !

La Côte d’Ivoire a des ressources mais le colossal gaspillage de l’argent public est le véritable problème d’un pays qui a été retardé par 10 ans de crise. Et pour ne pas arranger les choses, le pays vit dangereusement à crédit sous Ouattara. Une dette dont le président ne parle pas et qui pourtant est jusqu’à ce jour son seul mode de financement de l’économie.

Au fil des années Alassane Ouattara évite également d’aborder les grands sujets au cœur de son échec politique. La réconciliation nationale dans un pays encore divisé, il n’en parle plus sans doute gêné par les prisonniers politiques qui croupissent dans ses geôles 7 ans après son arrivée au pouvoir. Que dire des promesses de justice équitable…il ne les évoque plus. Les anciens com-zone, clairement identifiés comme des criminels de guerre et qu’il a bombardé haut-gradés de son armée se sont payés une honorabilité en assurant désormais sa sécurité. Mais pour combien de temps va durer cette lune de miel parsemée de mutineries ?

A lire sur les mutineries en Côte d’Ivoire http://eburnietoday.com/?s=mutinerie+

En effet dans une armée composée d’anciens rebelles et loin d’être républicaine, certains propos donnent à réfléchir. Des fantassins constamment en colère continuent de rappeler que « si Ouattara est là où il est c’est grâce à nous » ! Autant dire qu’avec une telle indiscipline assumée au grand jour, une frange importante d’hommes en uniforme en Côte d’Ivoire semblent répondre aux ordres d’un shadow commandment omniprésent depuis l’arrivée d’Alassane Ouattara au pouvoir.

SUY Kahofi

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