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Baisse des exécutions dans le monde (Amnesty International)

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Selon les statistiques d’Amnesty International, le nombre des exécutions a diminué dans le monde en 2019. L’ONG de défense des droits de l’homme indique avoir enregistré 657 cas dans 20 pays contre 690 en 2018.

Au terme de l’année 2019, 106 pays avaient aboli la peine de mort pour tous les crimes et 142 pays étaient abolitionnistes en droit ou en pratique. Plusieurs autres ont pris des mesures positives en vue de mettre fin au recours à la peine capitale bien que la pratique soit monnaie courante dans certaines parties du monde. Ainsi, bien qu’Amnesty International enregistre les chiffres les plus bas depuis près de 10 ans, la pratique continue d’être à l’ordre du jour dans des pays comme la Chine, l’Iran, l’Arabie saoudite, l’Irak et l’Égypte.

« La peine de mort est un châtiment odieux et inhumain ; et il n’y a pas de preuve crédible qu’elle dissuade plus que les peines de prison. Une grande majorité de pays le reconnaissent et il est encourageant de voir que le nombre d’exécutions continue de diminuer dans le monde entier », a déclaré Clare Algar, directrice principale de la recherche à Amnesty.

Le nombre d’exécutions confirmées qui a diminué pour la quatrième année consécutive, pour atteindre 657, soit 5 % de moins qu’en 2018 ; ne voile pas certaines réalités ancrées. C’est le cas de la Chine où rien ne semble avoir bougé. Dans le pays, les exécutions qui se chiffreraient en milliers restent un secret d’État comme en Corée du Nord. En Chine, en Iran, en Corée du Nord et au Vietnam, la culture du secret d’Etat autour de la peine de mort est entretenue par un refus des autorités d’autoriser un accès à l’information au ONG et organisations indépendantes.

Les chiffres clés du rapport d’Amnesty International montrent clairement qu’il y a eu une réduction significative du nombre d’exécutions confirmées dans des pays – tels que l’Égypte, le Japon et Singapour – qui sont de fervents partisans de la peine de mort. Et pour la deuxième année consécutive, l’Iran a exécuté moins de personnes qu’il ne l’avait fait historiquement, suite aux amendements apportés à sa loi anti-drogue en 2017. Tendance contraire en Arabie saoudite qui a mis à mort 184 personnes en 2019 – un nombre record pour le royaume.

Amnesty a documenté ce qu’elle a appelé « l’utilisation accrue de la peine de mort comme arme politique contre les dissidents de la minorité musulmane chiite ». A titre d’exemple, en avril 2019, il y a eu une exécution massive de 37 personnes. Toutes sauf cinq étaient des hommes chiites condamnés pour « terrorisme » à l’issue de procès qui, selon Amnesty, se sont appuyés sur des aveux extorqués sous la torture. Au Sud-Soudan, les autorités ont exécuté au moins 11 personnes l’année dernière – le nombre le plus élevé enregistré depuis l’indépendance du pays en 2011.

Le Yémen a exécuté au moins sept personnes en 2019, contre au moins quatre en 2018. Le Bahreïn et le Bangladesh ont également repris les exécutions après un an d’interruption. Le nombre d’exécutions a également doublé en Irak, pour atteindre 100 l’année dernière, tandis que l’Iran est resté le deuxième bourreau le plus prolifique après la Chine, avec 251. Aucune exécution n’a eu lieu en Afghanistan pour la première fois depuis 2010. Il y a également eu des hiatus à Taiwan et en Thaïlande, qui ont tous deux procédé à des exécutions en 2018.

Anderson Diédri

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