L'actualité ivoirienne sans coloration politique

Cacophonie au sein de la francophonie

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L’élection de la Rwandaise Louise Mushikiwabo à la tête de l’Organisation Internationale de Francophonie (OIF) a achevé de convaincre les plus septiques sur l’orientation que prend cette organisation. L’OIF est de plus en plus gérée comme une mafia utilisée à des fins purement politiques.

Jamais une élection à la tête de l’OIF n’a autant défrayé la chronique que celle de 2018 où aux yeux du monde entier, les Chefs d’Etats et de Gouvernement de l’organisation ont piétiné les principes les plus élémentaires qui la fondent pour les beaux yeux du clan Kagamé. L’OIF a résolument inscrit les principes de démocratie, de promotion des droits de l’homme et de liberté au cœur de sa politique et de son existence. A cela s’ajoute la promotion du fait français et sa défense.

Étrangement, le régime rwandais auquel appartient Louise Mushikiwabo, l’actuel ministre des Affaires étrangères de ce pays, n’épouse visiblement aucun de ces principes. Le Rwanda n’est plus un bon élève de la francophonie car en plus d’être dirigé par un régime répressif et anti-démocratique, le pays a retiré au français son statut de langue officielle mais aussi l’a aussi retiré de l’enseignement. Le régime de Paul Kagamé nargue la francophonie et s’impose royalement à la tête de l’organisation avec le soutien de la France qui de bout en bout aura imposé une candidate qui ne mérite en rien sur papier de diriger cette organisation.

L’égoïsme de courte vue de la France n’a qu’un seul objectif : rapprocher Paris de Kigali après une longue ère de glaciation diplomatique entre les deux pays. Le rôle trouble de la France dans le génocide rwandais a conduit Paul Kagamé à tourner non seulement le dos à la France mais aussi à la francophonie. Jamais la France n’a accepté de reconnaître ouvertement ses responsabilités dans les crimes qui ont conduit à la mort de plus de 800.000 personnes.

Alors quand Emmanuel Macron, en perte de vitesse dans les sondages dans son pays, tente de s’inventer des raccourcis pour redorer son image de grand dirigeant à l’international, il ne peut que pousser la France à boire goulûment le peu de dignité qui lui reste et cirer royalement les pompes à Paul Kagamé. Quand la France décide de se rapprocher du Rwanda c’est l’OIF qui devient le dindon de la farce ! Il aurait été plus élégant pour la France de crever l’abcès du silence sur le rôle de son armée au Rwanda que d’apporter un soutien aussi maladroit à un régime dictatorial.

« L’histoire nous apprend que l’on ne sait pas apprendre de l’histoire » avait indiqué dans son discours Michaëlle Jean la secrétaire générale sortante de l’OIF. Oui, les Chefs d’Etat et de Gouvernements de l’OIF viennent de le confirmer avec un choix qui est loin de faire des heureux. Où va donc l’OIF ? N’est-elle pas devenue une organisation moribonde ? Une organisation où les principes de démocratie, de droit de l’homme et des libertés sont réduits à de simples mots vides de leur sens ? L’OIF est à l’heure des petits arrangements politiques dignes d’une élection à l’africaine ou plutôt d’un deal politique digne de la France-Afrique.

Les appels de Michaëlle Jean à entrer autrement dans l’histoire n’ont pas été entendu surtout pas avec le bâton de Paris tendu sur les crânes dociles des présidents d’Afrique francophone qui représentent pas moins de 65% de l’OIF. Le mal est fait, bien fait ! Espérons que les méthodes de gestion et de gouvernance propre au régime autoritaire rwandais ne soient pas transposées à l’OIF une organisation dirigée jusqu’ici par d’illustres personnalités qui ont su la faire grandir.

Ebony T. Christian

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