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Centrales à charbon/les ONG à Ouattara : « Make Côte d’Ivoire great again »

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La Côte d’Ivoire peut-elle raisonnablement et efficacement contribuer aux efforts de réduction des gaz à effet de serre tout en développant les énergies fossiles ? A l’occasion de l’an 2 de l’accord de Paris sur le climat, les ONG interpellent les autorités ivoiriennes à abandonner le projet de construction de deux centrales à charbon aux impacts sanitaires et environnementaux désastreux.

12 décembre 2015-12 décembre 2017. Cela fait aujourd’hui exactement deux ans que l’historique accord de Paris sur le climat en vue de réduire les émissions de gaz à effet de serre a été signé lors de la COP21. Deux ans après cet accord, les organisations de la société civile africaine rappellent les dirigeants de la planète à leurs engagements pour un développement sobre en carbone afin de limiter les effets désastreux du changement climatique de plus en plus visible.

A l’endroit des autorités ivoiriennes, le message des ONG est sans ambiguïté : arrêtez les centrales à charbon aux impacts sanitaires et environnementaux nocifs. Les militants écologiques ivoiriens dénoncent la poursuite du projet de construction de deux centrales thermiques à charbon de deux fois 350 mégawatts (MW) dans la ville portuaire de San-Pedro.

« Si le gouvernement persiste dans sa volonté de construire les deux centrales thermiques au charbon de 350 mégawatts (MW) chacune dans la ville de San-Pedro, le pays risque fort de se retrouver face aux impacts sanitaires et environnementaux désastreux, plus particulièrement ceux habitant près des centrales. A l’heure où les gouvernements du monde sont en train de fermer les centrales à charbon, il est inadmissible que notre pays adopte ce modèle énergétique du 19ème siècle », observe Cheick Ladji Traore, de l’ONG 350 Côte d’Ivoire.

Pour interpeller les autorités ivoiriennes, la plateforme panafricaine deCOALonise.africa qui soutient cette campagne contre le développement des centrales à charbon sur le contient, initie un « Twitter Storm ». Utiliser le réseau social pour faire le plaidoyer. Ainsi, entre 11h et 14h ce mardi 12 décembre, il s’agira de diffuser à travers le continent des messages sur Twitter avec le Hashtag #deCOALonise. « La société civile africaine, particulièrement la société civile ivoirienne, se mobilise pour dire « NON » au projet de construction d’une centrale à charbon dans la ville de San-Pedro », explique Charles Baïmey, directeur exécutif de l’ONG Jeunes volontaires pour l’environnement (JVE) Côte d’Ivoire.

« Nous ferons déferler pendant 3 heures une tempête de Tweets ciblant les acteurs impliqués dans le projet de construction de la centrale à charbon. L’objectif est de faire entendre notre voix aussi haut, aussi loin et aussi fort que possible pour s’assurer que ce projet aux conséquences environnementales et sanitaires désastreuses soit stoppé », espère-t-il.

Dans la même logique, un atelier de restitution de la COP 23 est prévu ce vendredi 15 décembre à Abidjan. Les messages du Twitter Storm de ce mardi ainsi que les recommandations de l’atelier de restitution visent à interpeller les décideurs politiques et économiques de la sous-région et de la planète « à mettre fin à toute forme de subventions ou financements publics en faveur des combustibles fossiles au plus tard en 2020 ».

Alors que se tient ce mardi 12 décembre à Paris le « One planet summit » en commémoration de l’accord de Paris, à l’initiative du président français Emmanuel Macron, la société civile interpelle les dirigeants à agir en urgence en posant des actes concrets. « Cette opportunité est idéale pour rappeler à nos dirigeants que « Make our planet great again » ne doit pas être un concept creux encore moins un slogan de plus quand de milliers de personnes subissent les impacts du changement climatique », insiste Charles Baïmey.

La multiplication des phénomènes météorologiques extrêmes (tempêtes, ouragans, inondations, etc.) de ces derniers mois est un signal retentissant qui doit emmener à faire de l’urgence climatique une priorité absolue. Des actes concrets et cohérents de réduction de gaz à effet de serre sont plus que jamais attendus. « Sans cela, l’accord de Paris ne restera qu’un vœu pieux, une charte de bonne conscience… ».

Anderson Diédri

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