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Deux professeurs arrêtés à l’Université d’Abidjan

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La grève des professeurs de l’université Félix Houphouët Boigny d’Abidjan est rentrée lundi dans sa cinquième semaine. Le mouvement de colère a été marqué par l’arrestation de deux enseignants.

L’administration universitaire indique que « dans leur volonté de perturber les cours et les examens, un groupe d’individus conduit par le secrétaire général de la Coordination nationale des enseignants-Chercheurs (CNEC), a fait irruption dans les amphis ». Ce même groupe s’est rendu dans un autre amphi pour y déloger les enseignants et les étudiants en plein travaux pratiques. Deux d’entre eux ont finalement été appréhendés par la police.

Le président de l’Université, le professeur Abou Karamoko, dont la CNEC réclame la « révocation », avait averti que « toute tentative de perturbation des activités académiques sera puni de façon exemplaire ». Les enseignants accusent le président de l’Université de les avoir grugés !

« Dans un document signé le 18 octobre 2018, le président de l’Université avait reconnu les heures dues. Mais avant que l’ancre des signatures ne sèche, Abou Karamoko a tout remis en cause » s’indigne Yéo Konabein, porte-parole du CODEC, le second syndicat du supérieur.

L’Université Félix Houphouët Boigny compte 60.000 étudiants pour 2.300 professeurs, selon les chiffres de la CNEC, qui se présente comme indépendante et premier syndicat chez les professeurs du supérieur.

Ces arrestations interviennent après l’exclusion de l’Université de Cocody de quatre enseignants, dont le responsable du premier syndicat chez les professeurs du supérieur, Johnson Zamina Kouassi, secrétaire général et porte-parole du CNEC.

Ces quatre enseignants ont été « révoqués » par le conseil de discipline de l’université pour des « violences » perpétrées à la présidence de l’université. Sept autres professeurs ont écopé de suspensions de toutes activités académiques, allant de « six à douze mois ». « C’est du jamais vu dans le monde universitaire en Côte d’Ivoire » a dénoncé M. Kouassi, avertissant qu’une « telle mesure va exacerber la grève ». Les enseignants menacent déjà de durcir le mouvement de grève.

« Enseignants-chercheurs et Chercheurs de toutes les universités en Côte d’Ivoire, et de tout grade, le Collectif des Enseignants-chercheurs et Chercheurs (CODEC), vous convie ce Jeudi 21 Février 2019, à la ‘Marche Verte’ pour la dignité et l’honneur des Enseignants-chercheurs et Chercheurs » annonce Yéo Konabein, porte-parole du CODEC.

Le rassemblement pour la marche est prévu à 8 h 30 devant le Centre de Recherches Architecturale et Urbaines (CRAU) de l’Université Félix Houphouët-Boigny, en face de l’Ecole Nationale supérieure de Statistique et d’Economie Appliquée (ENSEA).

Les grèves dans le secteur public sont récurrentes en Côte d’Ivoire depuis deux ans, malgré la signature d’un protocole d’accord entre le ministère de la Fonction publique et certains syndicats en août 2017. Dans le secteur éducation-formation les grèves s’éternisent faisant craindre pour l’Université une année blanche.

Ebony T. Christian

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