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Elections locales : 5 morts enregistrés lors des violences

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La plateforme des organisations de la société civile pour l’observation des élections en Côte d’Ivoire (POECI) a dévoilé ce mercredi 17 octobre 2018 son rapport d’observation citoyenne des élections régionales et municipales lors d’une conférence de presse.

Plusieurs actes de violence ont émaillé les scrutins du samedi 13 octobre 2018. Et le bilan est lourd. Faisant le point du climat qui a entouré les élections locales (municipales et régionales) avant, pendant et après le déroulement des opérations de vote, Bamba Sindou, Coordonnateur général de la Plateforme des organisations de la société civile pour l’observation des élections en Côte d’Ivoire (POECI), déplore « un climat de tension et de violence ayant entraîné des pertes en vie humaine (4 personnes tuées selon les décomptes de POECI dont une à Lakota, 2 à Séguéla et une à Abobo et 5 selon le gouvernement), des destructions de biens, des actes d’intimidation, des cas d’achat de conscience, des manipulations et des tentatives de manipulation des résultats ».

L’organisation, qui a déployé 762 observateurs citoyens fixes et 120 observateurs mobiles dans 107 départements, les 13 communes du district d’Abidjan et le district de Yamoussoukro pour observer le déroulement du vote, note avec « inquiétude, l’immixtion de l’exécutif dans certaines circonscriptions électorales à travers une forte implication du corps préfectoral dans le processus électoral ».

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Bamba Sindou note aussi « 291 incidents critiques dont 14 cas d’interdiction de ses observateurs de rester dans les bureaux de vote tout le long de la journée, 87 incidents faisant état de manque de matériel électoral, 79 incidents faisant état de suspensions des opérations de vote pendant plus de 30 minutes, la non ouverture de 3 bureaux de vote à Port-Bouët en raison de l’absence d’agents électoraux ».

La POECI pointe également du doigt la Commission électorale indépendante (CEI) et « dénonce la manière dont certaines commissions électorales locales ont fonctionné, rendant les résultats proclamés suspicieux et dans certaines régions et municipalités sans une traçabilité des procès-verbaux ».

Élections locales : entre incidents et doute sur la crédibilité du scrutin

Dans l’objectif de ramener une certaine sérénité et de permettre aux candidats de déposer des recours en contestation des résultats, l’organisation spécialisée sur l’observation des élections invite la CEI à publier dans les meilleurs délais les résultats bureau de vote par bureau de vote. « La POECI suivra de près le traitement des recours auprès du tribunal administrative et fera un rapport de ce suivi », annonce Bamba Sindou.

Sur la base des informations rapportées par ses observateurs, la plateforme estime le taux de participation à 37,40%.  Un chiffre quasi-identique à l’estimation provisoire pour la Commission Election Indépendante (CEI) qui est de 36,20%.

Les élections locales entre boycott et violences

S’agissant de la participation des femmes, la plateforme « regrette que celle-ci reste très faible avec seulement 16 femmes élus comme tête de liste sur 46 aux municipales et 1 femmes sur 7 candidatures au régionales ».

 Selon le coordonnateur de la POECI, le faible taux de participation de façon générale, est le résultat du « manque d’intérêt » de la population pour le processus électoral et « la crise de confiance » à l’égard de la CEI.  C’est pourquoi la plateforme « invite le gouvernement à entamer le plus rapidement les réflexions avec l’ensemble des acteurs sur la réforme de la commission électorale promise par le président de la République lors de son adresse à la Nation le 6 Août dernier ».

Ab Bakhary Traoré

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