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Feu Kofi Annan et la crise ivoirienne

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Le ghanéen Kofi Annan est décédé ce samedi en Suisse. Ce diplomate de carrière s’était impliqué dans la résolution de la crise ivoirienne depuis 2002.

L’ancien Secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan, est décédé ce 18 août 2018 à Suisse à l’âge de 80 ans. « C’est avec une immense tristesse que la famille Annan et la Fondation Kofi-Annan annoncent que Kofi Annan, ancien secrétaire général des Nations unies et lauréat du Nobel de la paix [en 2001], est décédé paisiblement samedi 18 août après une courte maladie », a annoncé sa fondation dans un communiqué à Genève. L’actuel Secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a rendu un hommage à son prédécesseur. « Kofi Annan était à bien des égards les Nations unies », a-t-il exprimé, saluant a salué sa « force qui guidait vers le bien ».

La résolution de la crise ivoirienne

Premier africain noir à diriger les Nations unies (il a fait deux mandats de 1997 à 2006), le ghanéen Kofi Annan a joué un rôle clé dans la recherche de solution pacifique pendant la longue crise ivoirienne. Lorsque la rébellion du 19 septembre 2002 éclate, l’accord de Linas-Marcoussis a signé en janvier 2003 à France. Celui-ci prévoit la formation du gouvernement de réconciliation nationale. Il est proposé d’accorder les ministères de la défense et de l’intérieur aux mouvements rebelles. Mais le président Laurent Gbagbo refuse de retour en Côte d’Ivoire.

La Côte d’Ivoire reste fragile après le départ de l’ONUCI

Pour sortir de « l’impasse », Kofi Annan propose en mars 2003 d’envisager un « réaménagement différent de partage du pouvoir ». Finalement, les Forces nouvelles, qui avaient quitté le gouvernement en septembre 2003, participent pour la première fois au conseil des ministres en janvier 2004. C’est une avancée dans le processus de paix engagé.

C’est également Kofi Annan, alors Secrétaire général de l’ONU, qui proposera une mission onusienne de maintien de la paix dans le pays. Déployée en 2004, l’Opération des Nations Unies en Côte d’Ivoire (ONUCI) s’achèvera sa mission en 2016. En outre, malgré l’accord de Linas-Marcoussis et la formation d’un gouvernement de réconciliation nationale, le pays reste divisé et les élections présidentielles de 2005 n’auront pas lieu. Kofi Annan monte au créneau.

« Le manque évident de volonté politique des principaux dirigeants politiques ivoiriens, incapables de faire passer l’intérêt national avant leurs intérêts personnels et politiques et donc de régler les problèmes faisant obstacle à l’identification de la population, a conduit à une nouvelle impasse. À chaque étape importante du processus de paix, certains des principaux dirigeants politiques font délibérément de l’obstruction, exploitent les lacunes des accords, tirent avantage de subtilités juridiques et incitent leurs partisans à la violence », s’agaçait l’ancien chef de la diplomatie mondiale dans son dixième rapport sur la Côte d’Ivoire au Conseil de Sécurité de l’ONU en octobre 2006. Il soulignait aussi l’absence de progrès « sur les grandes questions du désarmement, du démantèlement des milices, de l’identification de la population et de la réunification du pays ».

La médiation des Elders

Même quand il passe le flambeau au sud-coréen Ban Ki-Moon en janvier 2007, Kofi Annan reste attentif au dossier ivoirien. En mai 2011, à la tête d’une délégation des ‘’Elders’’, organisation fondée par l’ancien président sud-africain Nelson Mandela, l’ancien Secrétaire général de l’ONU avait appelé à l’apaisement, au dialogue politique et à la réconciliation nationale. « Bien qu’un transfert du pouvoir a finalement eu lieu et que les résultats des élections ont été respectés, la situation reste fragile », avait-il fait valoir, avant d’interpeller : « Il n’y a qu’une seule Côte d’Ivoire et les dirigeants comme le peuple doivent le comprendre (…) Les Ivoiriens n’ont pas d’autre choix que de se réconcilier, de guérir et de vivre ensemble ».

Affaire Soul To Soul : une mission d’experts de l’ONU à Abidjan

En compagnie du président des ‘’Elders’’, l’archevêque sud-africain Desmond Tutu et de l’ancienne présidente de l’Irlande Mary Robinson, Kofi Annan avait rendu visite à l’ancien président Laurent Gbagbo, alors en détention à Korhogo, dans le nord de la Côte d’Ivoire. L’ancien Secrétaire général de l’ONU, décédé ce samedi à l’âge 80 ans, aura joué un rôle clé dans la recherche de solution pacifique à la longe crise ivoirienne.

SUY Kahofi

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