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Flegt Watch pour une meilleure surveillance de la forêt ivoirienne

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Comment la Côte d’Ivoire peut-t-elle utiliser l’outil de surveillance satellitaire Flegt Watch pour sauvegarder ses forêts ? A l’invitation du Groupe national de travail pour la gestion durable des forêts et la certification forestière en Côte d’Ivoire (GNTCI), Serge Riazanoff, directeur de VisioTerra (Scientific Consulting for Earth Observation, en France) a effectué une mission à Abidjan du 11 au 14 juillet 2018 pour présenter ce système automatisé d’alertes forestières grâce à des données satellites. Pendant sa mission, il a eu des séances de travail entre autres avec le cabinet du ministre des Eaux et forêts, le Secrétariat exécutif permanent REDD+ et la société civile. Pour Doumbia Youssouf, président de l’Observatoire ivoirien pour la gestion durable des ressources naturelles (OI-REN), FLEGT Watch est un outil « qui pourrait être utile à la société civile surtout pour l’observation indépendante ». Entretien avec Serge Riazanoff, expert/concepteur de FLEGT Watch.

Quel est l’objectif de votre mission en Côte d’Ivoire ?

Cette mission s’inscrit dans le cadre du projet FLEGT Watch, pour fournir aux observateurs indépendants des outils et des services de surveillance de la forêt, de la déforestation, mais aussi pour valoriser les efforts qui sont faits pour régénérer cette forêt.

Comment fonctionne concrètement l’outil FLEGT Watch ?

L’outil FLEGT Watch se sert des données gratuites du programme Copernicus d’observation de la terre destinées à l’ensemble du monde et en particulier ici pour le continent africain. Ces données permettent de monitorer dans beaucoup de domaines, pas seulement la forêt, aussi dans le domaine de l’agriculture, dans le domaine de l’environnement, dans le domaine de la prévention des risques… Il y a les services y compris des services maritimes qui sont offerts à la communauté. Donc l’outil qu’on développe permet l’accès facile à ces données. On va détecter automatiquement des dégradations de la forêt qui peuvent être surveillées au moins tous les 3 à 6 jours.

Donc à partir des images satellites ?

Ce sera à partir des images satellites, de deux satellites en particulier. Un satellite radar (Sentinel‑1) qui permet de voir à travers les nuages et un satellite optique (Sentinel 2) qui permettra en particulier de détecter les feux en forêt ou en savane.

Qui peut avoir accès à ces outils ?

Pour le moment c’est réservé à la communauté du programme FLEGT coordonnée par des organisations nationales. Ici pour la Côte d’Ivoire, GNTCI va habiliter des organisations, des ONG et en particulier des personnes physiques, les observateurs. Ils seront affectés à des « aires à contrôler ». Ils auront leur login, leur mot de passe et ils pourront recevoir les notifications des événements survenant dans leurs aires à contrôler. Ça peut être des concessions, des forêts communautaires, des parcs naturels, des réserves de biosphère… En retour ils vont pouvoir indiquer leur appréciation personnelle de la gravité de l’événement et/ou éventuellement collecter des données de terrain, prendre des photos, collecter des mesures, des documents… qu’ils pourront partager avec leur communauté ; c’est-à-dire avec les autres observateurs de l’aire à contrôler où est survenu l’événement.

Serge Riazanoff, directeur de Visio Terra (Scientific Consulting for Earth Observation, en France)

Les membres de l’administration comme de la société civile ?

Les organisations de la société civile. Là, ça ne passe pas par le canal de l’administration nationale directement. Et on pourra faire un rapport à ces organisations nationales. D’ailleurs c’est l’un des plaidoyers des organisations de la société civile de pouvoir éventuellement détecter des abus qui se font sur la forêt, qu’elles dénoncent. Mais ça, ce n’est pas notre ressort à nous. On va simplement fournir les moyens techniques de pouvoir communiquer, échanger des informations et puis pouvoir faire des rapports qui seront remis aux autorités.

Pour un pays comme la Côte d’Ivoire, quel pourrait-être l’avantage d’un tel outil ?

L’avantage de l’outil pour la Côte d’Ivoire c’est de pouvoir s’inscrire dans le programme national de protection et de reboisement de la forêt. L’outil « FLEGT Watch » fournira aux citoyens Ivoiriens les moyens de contrôler et donc de protéger le peu de forêts restantes. Il permettra de valoriser les efforts qui sont consentis par chacun pour pouvoir reboiser aussi. Essayer de faire en sorte qu’il fasse meilleur vivre en Côte d’Ivoire au niveau de la forêt.

En somme, d’améliorer la gouvernance forestière ?

Tout à fait. FLEGT Watch a été conçu pour ça. C’est un outil parmi d’autres pour pouvoir mieux gérer, gouverner, mieux faire appliquer les lois sur la Côte d’Ivoire mais aussi dans d’autres pays de la sous-région.

Quelles sont les prochaines étapes en Côte d’Ivoire ?

On va prochainement mettre en service la future version de la version opérationnelle. La première version opérationnelle devrait être livrée fin septembre 2018. En octobre 2018, je reviendrai pour participer aux cycles de formation des observateurs. Et puis pendant trois mois on va travailler beaucoup ensemble pour observer, mettre au point ce qu’on appelle le tuning, l’ajustement des derniers paramètres du système de l’outil et puis le 1er janvier 2019 l’outil rentrera en phase opérationnelle pour une durée de deux ans minimum puisque le financement est garanti jusqu’au 31 décembre 2020.

Propos recueillis par Anderson Diédri

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