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Immigration irrégulière : 150 ivoiriens regagnent Abidjan

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Ce mardi 21 mars, 150 ivoiriens ont été rapatriés en Côte d’Ivoire depuis la Lybie. Ces hommes et femmes en situation de détresse tentaient de rallier l’Italie par des voies non-officielles.

Cette opération de rapatriement organisée sous la forme d’un vol charter a été rendu possible grâce au partenariat entre l’Etat de Côte d’Ivoire via son Ministère de l’intégration africaine et des Ivoiriens de l’extérieur et l’Organisation internationale pour les migrations (OIM). 131 hommes et 20 femmes en situation de détresse en Lybie ont ainsi pu regagner Abidjan, portant désormais à deux (2) le nombre d’opération de rapatriement volontaire organisé au départ de Tripoli.

Pour mémoire, en novembre 2016, quarante-quatre (44) migrants bloqués en Libye avaient déjà été rapatriés. L’appel des ivoiriens à leur Gouvernement est lié aux conditions de vie difficiles qui étaient les leurs en Lybie, pays en proie à une instabilité politique et militaire depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011.

« Je suis trop content de rentrer. On était dans des prisons (en Libye), privés de nourriture et frappés tous les jours » a indiqué à sa descente de l’avion, Aboudramane Sangaré.

Comme lui, la quasi-totalité des migrants rentrés au bercail ont préféré fuir ce qu’ils qualifient de « conditions de vie difficiles, avec des emprisonnements sans raison valable à Tripoli » révèle Alassane Diamouténé Zié, Directeur de cabinet du Ministère de l’intégration africaine et des Ivoiriens de l’extérieur. En effet, les conditions de vie des migrants depuis leur départ de la Côte d’Ivoire vers la Lybie pour certains et Lampedusa pour d’autres, ne sont pas faciles. Les survivants de l’enfer libyen parlent de traitement inhumain réservé aux migrants africains avec des journées rythmées par la faim, la torture et les viols pour les femmes qui ont décidé de rallier l’Europe.

C’est donc un ouf de soulagement pour ces Ivoiriens qui retrouvent leur pays. Issiaka Konaté, le Directeur général des Ivoiriens de l’extérieur, a tenu à indiquer que les « personnes rapatriées vont bénéficier d’un suivi ». Cependant dans l’immédiat, chaque volontaire au retour a reçu une petite aide composée d’une enveloppe de 100 euros (65.000 f CFA) et d’un kit alimentaire. Il est bon de noter tout de même que les 151 volontaires au retour de mars 2017 et les 44 premiers de novembre 2016 ne représentent qu’une partie insignifiante d’Ivoiriens coincés en Libye. En effet, l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) estime à 12.000 le nombre de ressortissants Ivoiriens vivants en situation irrégulière ou de détresse en Libye.

En excluant l’opération de rapatriement humanitaire en Centrafrique, l’Etat de Côte d’Ivoire via son Ministère de l’intégration africaine et des Ivoiriens de l’extérieur a contribué au retour d’un nombre important de migrants ivoiriens depuis le Gabon, l’Angola et la Libye. Des opérations qui exigent un investissement important : un luxe que l’Etat de Côte d’Ivoire ne peut se permettre. La mise en place d’un cadre formel et légal de lutte contre l’immigration irrégulière devient donc une véritable nécessité pour la Côte d’Ivoire. Le pays doit résolument renforcer ses campagnes de sensibilisation et sa traque des réseaux de passeurs pour décourager des départs qui deviennent de plus en plus nombreux.

SUY Kahofi

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