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Jeux de la francophonie : ‘friture’ entre restaurateurs et organisateurs

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Une grosse tâche d’huile vient de salir les Jeux de la Francophonie. Les restaurateurs du village des partenaires de Treichville ont initié aujourd’hui, un mouvement de protestation pour dénoncer le manque d’affluence dans leurs restaurants.

Vives tensions entre les restauratrices des jeux de la francophonie et les organisateurs de l’évènement. Les jeux vendus par l’OIF et ses partenaires comme étant un rendez-vous mondial qui allaient attirer un nombre important de visiteurs ne semble pas tenir ses promesses en tout cas pour les restauratrices.

« Nous avons payé 708.000 Frs par stand et nous n’avons pas de clients alors qu’on nous avait appâté avec une promesse de 50.000 visiteurs », s’est insurgée une des manifestantes.

Au rythme des bruits de casseroles qu’ils font tonner pour exprimer leur désarroi, les restaurateurs sont allés jusqu’à bloquer le passage à la Secrétaire général de la Francophonie, Michaelle Jean pour lui exprimer leurs griefs. Comme signifié dans un courrier qu’ils ont adressé au Directeur des 8èmes Jeux de la Francophonie, dont nous avons reçu copie, les restaurateurs de ce village réclament en effet, un dédommagement de 5 millions de FCFA par stand. Cette somme représente selon eux, « le remboursement de la participation et la récompense de nos efforts vains dû au fait de votre manque de promotion véritable et de programmation claire », indique le courrier.

En effet, les restaurateurs ont fait part de plusieurs manquements dans la promotion de leur village gastronomique dans la stratégie de promotion de cet évènement de grande envergure. De prime abord, ils s’écœurent du fait que le ministre de la Francophonie n’est pas daigné visité leur espace gastronomique lorsqu’il faisait le tour des lieux à l’ouverture des Jeux. Pis, cet espace gastronomique n’est mentionné nulle part dans le journal des Jeux de la Francophonie. Toute chose qui a amené les restaurateurs à « déplorer un manque de promotion et d’organisation pour un évènement d’envergure internationale ».

Pour comprendre les griefs des restaurateurs, nous avons essayé de comprendre dans quel environnement ces restaurateurs évoluent. En effet, dans le village des partenaires de Treichville, le prix affiché pour les plats oscille autour de 2.000 f CFA. Les canettes de sucrerie comme nous l’a fait savoir un confrère sont à 1.000 f CFA. Pendant qu’un autre espace de restauration propose des plats à des prix plus bas, à savoir 1.000 FCFA. Une commerçante dans les environs, isolée, vend ses canettes de sucrerie à moitié prix, 500 f CFA !

Au regard de cet environnement, il y a lieu de se poser des questions sur l’organisation de ces Jeux de la Francophonie, car il est clair que les restaurateurs du village des partenaires de Treichville sont victimes d’une concurrence déloyale vu que ceux qui leur font la concurrence a des prix plus bas, n’ont pas payer les 750.000 qu’ils ont dû débourser pour proposer leurs mets sur le site des Jeux de la francophonie. En dehors de cette concurrence déloyale qui a contribué à amocher l’investissement de ces restaurateurs, les Jeux de la Francophonie ont débuté dans une Côte d’Ivoire défiguré par des vents d’instabilité, faites de mutineries et de nouvelles alarmantes sur la situation socio-politique.

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Quelques jours avant l’ouverture de cet évènement, une mutinerie avait éclaté à Abidjan et à Korhogo faisant trois morts parmi les insurgés. Puis quelques jours après, c’est l’école de police de Cocody qui se faisait attaquer par des inconnus, qui déroberont à l’unité du CCDO, des armes. Malgré les messages pour rassurer les uns sur la bonne tenue des jeux, dont celui de l’Ambassadeur de France en Côte d’Ivoire (Georges Serre), la peur est omniprésente ! Les ivoiriens vivent dans un environnement d’insécurité devenu stressant en raison des interminables nuits rythmées par les tirs nourris.

Tous ces facteurs réunis ont sans doute eu un impact sur les jeux de la francophonie qui visiblement ne drainent pas grand monde. L’une des conséquences de cette situation est sans doute le fiasco financier des restaurateurs qui aujourd’hui se sentent lésés de n’avoir pas vu circuler au Palais de la Culture de Treichville le dixième des 50.000 visiteurs qu’on leur avait promis. Un argument en béton sans doute pour les appâter et les pousser à payer la somme de 750.000 f CFA pour avoir un stand au village des partenaires.

Alain P. Ahimou

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