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La politique aux ivoiriens : le message de Kima Emile aux étrangers

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2.000 à 3.000 étrangers et ivoiriens se sont réunis pour la paix samedi à Gagnoa dans le centre-sud de la Côte d’Ivoire. Les organisateurs de l’évènement ont invité les ressortissants Ouest-Africains à ne pas s’ingérer dans les problèmes politiques de la Côte d’Ivoire à l’approche des élections de 2020.

« Quitte dans leur affaire ! », en français populaire ivoirien « ne te mêle pas de leur affaire » était le slogan de ce meeting dont un des buts était à demander à la forte communauté ouest-africaine en Côte d’Ivoire de ne pas se « laisser instrumentaliser » par les politiciens lors du processus électoral de 2020. « Si tu es un ressortissant CEDEAO (Communaute économique de Etats de l’Afrique de l’Ouest), ne te mêles pas de la politique ivoirienne, cela peut éviter beaucoup d’ennuis ! » a déclaré Emile Kima, figure très célèbre de la communauté burkinabè. Il a rappelé qu’en 2009, 2010, 2011, « on a pensé que les Maliens, Burkinabè… étaient pour Pierre ou pour Paul, il y a eu beaucoup d’exactions. C’est ce que nous voulons éviter », a-t-il ajouté. La Côte d’Ivoire abrite 25 millions d’habitants, dont plus de six millions d’étrangers, surtout des Ouest-Africains, notamment des Burkinabè, selon des statistiques non officielles.

Le pays est une plaque tournante de la sous-région et la crainte s’installe déjà au sein des populations à l’approche des élections de 2020 en raison du discours politique qui ne semble pas être celui de l’apaisement. A cela s’ajoute les suspicions d’enrôlement et de distribution de la carte nationale d’identité ivoirienne aux étrangers, ventilés par certaines chapelles politiques.

Début juin, l’ancien président ivoirien Henri Konan Bédié (1993-99), ancien allié de Ouattara passé dans l’opposition, avait lancé, après  des récentes violences meurtrières intercommunautaires dans le centre du pays : « On fait en sorte que l’Ivoirien soit étranger chez lui. Mais les Ivoiriens n’accepteront jamais cela ». Henri Konan Bédié évoquait aussi « d’autres (étrangers) qu’on fait venir clandestinement » et à qui « on fait faire des papiers », possiblement pour « fausser » la présidentielle de 2020. Ces déclarations avaient soulevé une vive controverse. Le gouvernement avait condamné des « propos d’une extrême gravité, appelant à la haine de l’étranger ».

A la suite d’Emile Kima, Alcide Djédjé – l’ex-ministre ivoirien des Affaires étrangères sous le président Laurent Gbagbo, passé dans la majorité présidentielle du président Alassane Ouattara – a fustigé des discours politiques violents. « On fait comme si on est amnésique et on est en train de retomber petit à petit dans la guerre par les invectives, les querelles intestines », a-t-il indiqué, dénonçant « une classe politique qui n’a pas pris conscience huit ans après » la crise post-électorale qui a fait officiellement 3.000 morts.

Anderson Diédri

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