L'actualité ivoirienne sans coloration politique

La situation des journalistes toujours critique (RSF)

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Etre journaliste reste une profession assez dangereuse, non pas par la pratique du métier mais bien plus à cause de l’environnement dans lequel le journaliste évolue. Un environnement encore sombre si l’on s’en tient au dernier rapport de RSF (Reporters sans frontières).

Sur 180 pays et territoires étudiés à l’échelle mondiale par RSF seulement 24% affichent une situation ‘bonne’ ou ‘plutôt bonne’ pour la liberté de la presse contre 26% en 2018. « L’hostilité à l’encontre des journalistes, voire la haine relayée dans nombre de pays par des dirigeants politiques, a fini par susciter des passages à l’acte plus graves et plus fréquents » envers les journalistes, souligne RSF dans un communiqué annonçant son rapport 2019.

Comme les années précédentes, le trio scandinave – Norvège (1er), Finlande (2ème), Suède (3ème) – arrivent en tête du classement. Il fait bon être journaliste dans ces pays contrairement au Turkménistan (180ème), la Corée du Nord (179ème) et l’Erythrée (178ème) qui ferment le classement. En Afrique, le pays le mieux classé est la Namibie (23ème mondial) : l’Erythrée ferme la marche.

L’ONG fait remarquer que l’Afrique « enregistre la plus faible dégradation régionale de l’édition 2019 du Classement mais aussi certaines des plus fortes évolutions de l’année écoulée ». Sous la houlette du premier ministre Abiy Hamed, l’Ethiopie qui a vidé ses prisons de nombreux journalistes fait un bond spectaculaire de 40 places passant de la 150ème position à la 110ème. Une alternance politique a permis à la Gambie de progresser aussi de 30 places (92ème en 2019) : c’est « l’une des hausses les plus importantes du Classement » note RSF.

Reporters sans frontières souligne à travers ce rapport « un accroissement des dangers et, de ce fait, un niveau de peur inédit dans certains endroits ». L’utilisation de la mécanique de la peur, le harcèlement, les menaces de mort et les arrestations arbitraires sont les moyens utilisés pour museler les professionnels des médias ou les livrer à la vindicte populaire.

La Côte d’Ivoire et les ‘promesses tenues’

82ème dans le dernier classement (2018), la Côte d’Ivoire gagne 11 points pour 2019 (71ème). RSF estime que « moins d’atteintes à la liberté de la presse » ont été enregistrées en Côte d’Ivoire. Cependant, « les agressions contre les journalistes de la part des forces de l’ordre, notamment en marge des manifestations, n’ont pas disparu ».

« La nouvelle loi sur la presse précise qu’aucun motif ne justifie l’emprisonnement de journaliste- un progrès qui doit mettre fin à la détention provisoire de journalistes, pratique régulière dans le pays. En 2017, huit d’entre eux en ont été victimes ».

Classement RSF : la Côte d’Ivoire perd une place

« D’autres dispositions sont plus liberticides, comme le délit d’offense au chef de l’État ou la possibilité d’engager des poursuites pour diffamation pour des faits, même vérifiés, s’ils concernent la vie privée de la personne ».

Concernant les promesses non-tenues, RSF fait remarquer que la libéralisation du secteur de l’audiovisuel n’est pas encore une réalité. A cela s’ajoute l’absence d’avancées réelles sur le dossier Guy-André Kieffer 15 ans après l’assassinat du journaliste en dépit des promesses du président ivoirien, Alassane Ouattara.

Ebony T. Christian

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