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Laurent Gbagbo et Blé Goudé libres de rentrer en Côte d’Ivoire

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Quelques jours après leur acquittement total par la Cour Pénale Internationale, le président ivoirien a indiqué que Laurent Gbagbo et Blé Goudé étaient libres de rentrer en Côte d’Ivoire. Un retour que pourrait faciliter le régime d’Abidjan aux dires d’Alassane Ouattara.

Le président ivoirien s’est prononcé sur le retour de Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé à l’ouverture du premier conseil des ministres de son nouveau gouvernement qui a été formé mardi. « Messieurs Gbagbo et Blé Goudé sont libres de rentrer en Côte d’Ivoire quand ils le souhaitent » a-t-il indiqué avant de donner des précisions sur ce que le gouvernement ivoirien pourrait faire pour faciliter ce retour. Mr Ouattara a souligné que « les frais de voyages de Monsieur Laurent Gbagbo, ainsi que ceux des membres de sa famille, seront pris en charge par l’Etat de Côte d’Ivoire ».

« Les dispositions seront également prises pour que Monsieur Laurent Gbagbo bénéficie, conformément aux textes en vigueur, des avantages et des indemnités dus aux anciens Présidents de la République de Côte d’Ivoire » a confirmé le président ivoirien. Les avantages et indemnités d’ancien président de la République lui donneront droit notamment à une allocation viagère et une catégorie de personnel payé par l’Etat. Après 10 ans de procédure à la Cour Pénale Internationale et un procès qui a bien plus divisé les ivoiriens qu’il ne les a rapprochés, la volonté affichée par Alassane Ouattara de voir Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé rentrer en Côte d’Ivoire divise l’opinion.

Laurent Gbagbo et Blé Goudé totalement libres

Premièrement, parce que Laurent Gbagbo reste encore sous le coup d’une condamnation par contumace à 20 ans de prison pour l’affaire « du casse de la BCEAO ». Vendredi 19 janvier 2018, un tribunal qui jugeait l’ex-président ivoirien et trois de ses ministres les a condamnés à 20 ans de prison et 329 milliards d’amendes pour avoir fait ouvrir les coffres de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’ouest en pleine crise post-électorale fin 2010 début 2011. Pour les partisans du président Gbagbo, si Alassane Ouattara veut d’un réel retour de leur leader et de son ‘protégé’, il se doit de leur offrir avant tout une immunité totale. Pour une frange non négligeable d’ivoiriens, l’annonce du président Ouattara est un nouveau signe de dégel dans une Côte d’Ivoire loin d’être réconciliée plus de 10 ans après la crise post-électorale qui a fait quelques 3000 morts.

Anderson Diédri

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