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Le Maroc bloque 54.000 tentatives de passage vers l’UE

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Le Royaume chérifien indique avoir contré 54.000 tentatives de passage vers l’Union Européenne entre janvier et août 2018.

Le Maroc est juste séparé de l’Union Européenne par des clôtures au niveau des enclaves espagnoles en terre africain de Ceuta et Melilla. Dans ces deux villes, les forces de l’ordre espagnol sont constamment confrontées aux nombreuses tentatives de passage en force des migrants qui escaladent les barbelés pour poser pied en Espagne.

Le pays est désormais la principale porte d’entrée pour les migrants et demandeurs d’asile dans l’UE avec un total de 35.615 arrivées depuis le début de l’année, selon les derniers chiffres de l’Organisation internationale des migrations (OIM) publiés vendredi [07/09/2018]. Mais le nombre d’arrivée semble largement en dessous des tentatives de passage bloquées par le Maroc si l’on s’en tient à un communiqué relayé par l’agence officielle de presse Maroc (MAP). Les autorités marocaines indiquent avoir « fait avorter » 54.000 tentatives de passage vers l’Union européenne et démantelé « 74 réseaux criminels » spécialisés dans la traite d’êtres humains depuis le début de l’année. Au-delà, plus de 1.900 embarcations ont été saisies entre janvier et août 2018.

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Les autorités marocaines ont annoncé la semaine dernière avoir renforcé la lutte contre les réseaux mafieux. Au total, 230 personnes, dont des Marocains et des ressortissants d’Afrique subsaharienne, ont été arrêtées et présentées devant la justice depuis le début de l’année. Le Maroc connaît un afflux de migrants et de réfugiés qui rêvent de gagner l’Europe. Selon le Haut-commissariat aux réfugiés (HCR) de l’ONU, les nationalités des personnes bloquées dans le nord Maroc sont diverses.

Parmi les candidats décidés à entrer en Espagne, 75% des migrants et réfugiés sont des hommes et 10% sont des femmes, le reste étant des enfants. Les principaux pays d’origine sont la Guinée (3.100), le Maroc (2.600), le Mali (2.200), la Côte d’Ivoire (1.200) et la Syrie (1.000). Plusieurs d’entre eux squattent les forêts du nord du Maroc et vivent dans des conditions sanitaires assez déplorables.

Des déplacements forcés

La police marocaine multiplie les descentes dans ces squattes pour déloger les migrants subsahariens et les déplacer de force du nord vers le sud du pays. Si Rabat indique officiellement que le but de cette opération est « de les soustraire aux réseaux mafieux qui se sont développés depuis la fermeture de la route via la Libye », les migrants parlent plutôt d’un traitement inhumain.

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« Les policiers viennent ici pour nous mater et nous trainer de force vers des villes du sud où il n’y a pas de travail et les gens sont racistes envers nous. Ils nous tabassent, volent notre argent et nos téléphones. Nous ne voulons pas rester au Maroc mais entrer en Espagne. Le Maroc n’intéresse personne ici ! » témoigne Bakary Y. un jeune ivoirien volontaire au départ vers l’Espagne.

Les déplacements forcés ont suscité une vague de critiques d’associations marocaines, qui ont dénoncé des « opérations musclées ».

Les autorités marocaines ne se contentent pas de déplacer les migrants vers le sud. Le Maroc travaille aussi avec les ambassades des pays d’où sont originaires les migrants et l’OIM pour ‘faciliter’ les retours de migrants qui le souhaitent. Ainsi, 1.400 volontaires ont bénéficié de cet appui pour le retour depuis le début de l’année selon le communiqué publié par l’agence maronnais de presse. Rabat a aussi régularisés la situation d’environ 50.000 clandestins dont 90% sont des ressortissants d’Afrique subsaharienne entre 2014 et 2017.

SUY Kahofi

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