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Le procès Gbagbo reporté au 12 novembre

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Après 48 heures de débat, le collège d’avocats de Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé ont demandé le report de l’audience au 12 novembre 2018. Ils veulent avoir le temps nécessaire pour examiner les nouvelles écritures versées au dossier par le Bureau du Procureur.

Le juge président Cuno Tarfusser a donné une suite favorable à cette requête et les audiences reprendront du 12 au 15 et du 19 au 20 novembre sauf changement de dernière minute. Un temps qui sera sans doute suffisant pour analyser le mémoire de l’accusation de 1.100 pages rédigé en anglais et qui va nécessiter une traduction en français, cette langue étant celle dans laquelle les accusés ont souhaité plaider et qui a été retenue pour l’ensemble du procès.

Bien avant cette décision de report, le premier substitut du Procureur de la Cour pénale internationale (CPI), Eric McDonald a achevé la lecture des écritures en réponse aux observations de la défense. Le Bureau du procureur reste convaincu après plus de deux ans de procès que le président Laurent Gbagbo a laissé croître et a entretenu un climat d’impunité favorable à l’exécution d’un « plan commun » dont il était le premier bénéficiaire. Pire, il a fourni aux forces sous son contrôle, les moyens de perpétrer des crimes et exactions envers les populations civiles jugées proches d’Alassane Ouattara.

Laurent Gbagbo initiateur du ‘plan commun’

Il a joué un rôle de donneur d’ordre aussi bien aux éléments des FDS, aux milices (GPP et jeunes patriotes) et aux mercenaires dont certains étaient directement basés à sa résidence. Rien n’a été fait par Laurent Gbagbo pour empêcher et mettre fin aux crimes et violences lors de la crise post-électorale soit de novembre 2010 à avril 2011.

Quant à Charles Blé Goudé présenté comme le lien entre le président Gbagbo et la jeunesse, il a joué un rôle clé dans la mobilisation et la formation au maniement des armées de centaine de jeunes. Ces derniers ont installé des barrages et check-points où les victimes étaient séquestrées, violentées et tuées sur des bases ethniques ou politiques.

L’accusation maintient sa ligne face à Gbagbo

La représentante légale des victimes, s’est aussi inscrite dans la logique de l’accusation. Paolina Massidda a trouvé prématuré l’idée de mettre fin au procès puisque les preuves démontrent clairement l’implication de Laurent Gbagbo et de Charles Blé Goudé dans les massacres commis à Abidjan.

« La seule voie possible est donc de poursuivre ce procès rapidement. Agir autrement priverait en fait les victimes d’un accès effectif à la justice » a-t-elle indiqué.

Elle a par la suite a exprimé son total désaccord avec l’accusation sur l’abandon de deux incidents qui figurent dans les charges retenues contre Charles Blé Goudé. Il s’agit de la répression de la marche des femmes d’Abobo le 03 mars 2011 et le bombardement du marché Siaka Koné d’Abobo.

Ces deux incidents sont indispensables pour situer les responsabilités de l’accusé puisque celui-ci s’est assuré l’allégeance d’une jeunesse acquise à la cause de Laurent Gbagbo et prêt à agir sur son ordre.

« Le rejet des charges retenues contre M. Blé Goudé pour les incidents du 3 mars et du 17 mars ne peut être autorisé à ce stade de la procédure car il y a suffisamment de preuves dans le dossier qu’il a aidé intentionnellement d’autres membres du cercle restreint à commettre des crimes contre des partisans présumés de Ouattara » a-t-elle précisé.

Ebony T. Christian, envoyé spécial à La Haye

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