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Les moustiques OGM libérés au Burkina Faso

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L’Institut de recherche en sciences de la santé du Burkina Faso (IRSS) a libéré des moustiques génétiquement modifiés mâle stériles auto-limitatif ce 1er juillet. Ces moustiques ont été relâchés dans la nature dans le cadre d’un programme de recherche de lutte contre le paludisme.

En Afrique, le Burkina Faso est connu pour être le pays qui a enregistré l’un des plus gros ratés dans l’expérimentation et l’utilisation à grande échelle des OGM. Pour mémoire, le pays a expérimenté l’utilisation des semences de Coton Bt de la firme américaine Mosanto.

En 2000, le Burkina Faso adopte les OGM dans le coton si bien qu’en 2015, les trois quarts de la production du Burkina Faso étaient du coton génétiquement modifié. Mais après 10 ans d’utilisation, les professionnels du secteur coton ont décidé de tourner le dos aux semences OGM évoquant plusieurs observations dont la résistance de certains parasites et l’apparition de nouvelles pathologies.

Marche contre les moustiques génétiquement modifiés au Burkina-Faso

Au Burkina Faso, OMG rime avec inquiétudes et craintes surtout que le pays continue selon les ONG à mener d’importantes recherches dans le domaine agricole avec le niébé Bt et celui de la santé. Dans le domaine de la lutte contre le paludisme, des chercheurs burkinabés et américains ont déjà modifiés génétiquement un champion (Metarhizium pingshaense) avec la toxine d’une araignée pour qu’il puisse tuer plus rapidement les moustiques avec des résultats prometteurs selon les chercheurs. Au même moment, l’IRSS s’est penché sur le développement des moustiques OGM dont un nombre a été libéré dans la nature ce 1er juillet.

Dr Diabaté Abdoulaye, entomologiste médical senior et chercheur à l’IRSS à Bobo Dioulasso donne des précisions sur les moustiques OGM qui ciblent les espèces majeures identifiées dans la transmission et la propagation du paludisme à savoir Anopheles gambiae, Anopheles coluzzi et Anopheles arabiensis.

Pour les ONG de défense de l’environnement burkinabés et africaines, le Burkina Faso est devenu une terre d’expérimentation des OGM. L’inquiétude les a poussé à organiser en juin 2018 une marche pour dire non aux moustiques génétiquement modifiés.

« Nous constatons une volonté de retour des OGM au Burkina notamment le coton OGM, les tests du Niébé Bt en cours, et comme si cela ne suffisait pas, actuellement il y a des manipulations dans des laboratoires au Burkina sur des moustiques génétiquement modifiés afin de lutter contre le paludisme » avait alerté Blandine Sankara, coordinatrice du Collectif citoyen pour l’agroécologie (CCAE), lors de la marche anti-OGM de juin 2018 à Ouagadougou. Malgré les critiques et les marches des ONG burkinabés et africaines contre le projet de moustiques OGM, ces insectes ont été libérés.

Les ONG dénoncent le manque de transparence entourant ce premier lâché de moustiques OGM et entendent continuer leur mobilisation afin que le Burkina Faso ne soit plus un pays d’expérimentation des OGM martèle Ali Tapsoba porte-parole du Collectif Citoyen pour l’agroécologie.

La libération des moustiques génétiquement modifiés mâle stérile auto-limitatif s’inscrit dans un projet financé par l’initiative Target Malaria via un consortium de recherche dirigé par l’Imperial College de Londres. L’initiative a été approuvée par l’Agence Nationale de Biosécurité du Burkina Faso.

Ebony T. Christian

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