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L’importation de la viande en provenance du Brésil suspendue

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En raison de sa dangerosité, la viande en provenance du Brésil ne sera plus autorisée à la vente sur le marché ivoirien. Une information donnée par Kobenan Kouassi Adjoumani, le ministre de la production animale et des ressources halieutiques.

Kobenan Kouassi Adjoumani a annoncé la suspension de l’importation des produits carnés en provenance du Brésil ce mercredi 29 mars 2017, à l’ouverture des premières Journées nationales vétérinaires (JNV) à la salle de conférences du ministère des affaires étrangères au Plateau. Cette suspension a été décidée par le gouvernement ivoirien et le ministre de la production animale et des ressources halieutiques s’est fait fort d’en donner les raisons.

« Nous avons dit aussi aux importateurs, pour le moment, de sursoir à toute sorte d’importation en provenance du Brésil », a révélé Kobenan Kouassi Adjoumani, parrain de cet événement organisé par l’Association des docteurs vétérinaires de Côte d’Ivoire (ADVCI).

Le ministre assure qu’après avoir eu l’information que des bactéries ont été détectées dans certains produits exportés, la Côte d’Ivoire a procédé à des analyses microbiologiques, chimiques, sensorielles et effectué des tests de cuisson. Au regard de ces tests, la Côte d’Ivoire a pour l’heure sur son marché de la viande saine. Les bactéries sur la viande en provenance du Brésil ont donc été découvertes dans d’autres pays.

« Les études microbiologiques disent qu’il n’y a pas de bactéries ni de microbes dans les produits qui sont présentement en Côte d’Ivoire », rassure Kobenan Kouassi Adjoumani, qui précise 10% des produits carnés importés arrive du Brésil.

Le ministre est également revenu sur la grippe aviaire qui avait menacé le pays il y a quelques mois au niveau de la filière volaille.

« Que de difficultés n’avons-nous pas connues cette année 2016 avec la survenue de la grippe aviaire qui est une maladie hautement pathogène qui a failli décimer toute notre production. Nous avons détecté au total 32 foyers et le premier foyer est parti de Bouaké. Chaque fois que nous avons détecté un foyer, nous l’avons isolé, ce qui fait qu’aujourd’hui, la politique de lutte contre la grippe aviaire nous a permis de cerner les choses », a déclaré le ministre de la production animale et des ressources halieutiques.

L’élevage est une activité économique secondaire qui contribue à 4,5% du PIB agricole et à 2% du PIB total de la Côte d’Ivoire. En 2015, la production moderne constituait 32.900 tonnes quand la production traditionnelle s’évaluait à 18.600 tonnes. Il s’agit donc md’un tonnage cumulé d’environ 50.000 tonnes qui représente près de 70% de la consommation nationale. L’objectif de la Côte d’Ivoire est d’atteindre 60.000 tonnes. La production bovine représentait 31.600 tonnes et celle des ruminants 17.000 tonnes. En ce qui concerne la filière porcine, le pays dispose aujourd’hui de plus de 400.000 têtes. Ce qui reste insuffisant.

Le ministre Kobenan Adjoumani a expliqué que la Côte d’Ivoire est dépendante de l’extérieur pour satisfaire la demande car ses productions ne couvrent pas les besoins du pays. Les ressources halieutiques représentent la protéine animale la mieux consommée en Côte d’Ivoire, cependant le pays est déficitaire en protéines halieutiques de près de 400.000 tonnes.

« Près de 280.000 tonnes sont importés. Cela veut dire que nous avons d’énormes efforts à faire », admet-il, ajoutant que pour y arriver, le Plan stratégique de développement de l’élevage, de la pêche et de l’aquaculture 2014-2020 rédigé par son ministère vise à relever ces défis.

« Ces journées, auxquelles j’accorde une grande importance, contribue certainement à l’atteinte des objectifs de ce plan stratégique notamment l’amélioration de la sécurité alimentaire en matière de protéine d’origine animale de qualité pour les générations futures », fait-il savoir.

Ces chiffres avancés par le ministre Adjoumani montre clairement qu’un effort important reste à faire pour l’atteinte d’une auto-suffisance au niveau de la production animale et des ressources halieutiques. C’est la raison pour laquelle docteur Jean-François Sonan, député de Kouassi-Datékro et président des Journées nationales vétérinaires 2017 a lancé cet appel :

« Il est très important que nos États se penchent plus sur une politique d’autosuffisance alimentaire. Et à mon avis, le vétérinaire constitue un maillon essentiel dans la mise en place de cette politique ».

Ces Journées nationales vétérinaires, organisées par l’Association des docteurs vétérinaires de Côte d’Ivoire (ADVCI), qui ont pour thème : « Optimisation des productions animales dans le cadre du développement durable en Côte d’Ivoire« , vise à contribuer à faire face aux enjeux dans ce secteur. Un accent particulier sera mis sur la prévention des maladies par le renforcement des liens entre santé animale, santé humaine et protection de l’environnement à travers le concept One health (une santé unique).

« Les professionnels devront jouer un rôle de premier plan dans ce concept », plaide Cyprien Yapi, président de l’Association des docteurs vétérinaires de Côte d’Ivoire, qui souligne que l’objectif est d’institutionnaliser ces journées pour qu’elles aient lieu tous les deux ans.  Les journées nationales vétérinaires s’achèvent ce jeudi 30 mars.

Anderson Diédri

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