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L’OIDH invite Ouattara à s’expliquer devant les Ivoiriens

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Le président de l’Observatoire ivoirien des droits de l’homme (OIDH) s’est exprimé ce vendredi 9 juin 2017 sur la situation sociopolitique de la Côte d’Ivoire au siège de son organisation à Cocody. Eric Aimé Semien interpelle le chef de l’Etat.

Le chef de l’Etat Alassane Ouattara doit s’expliquer sur plusieurs sujets sur lesquels s’interrogent les Ivoiriens. C’est ce que demande l’Observatoire ivoirien des droits de l’homme (OIDH). Son président, Eric Aimé Semien pense que cette démarche pourrait rassurer l’opinion.

« L’OIDH estime purement et simplement que le président de la république, chef de l’Etat, chef suprême des armées de Côte d’Ivoire, doit s’adresser à la nation. Il doit s’adresser à la nation pour expliquer un certain nombre de choses. Non pas pour rendre compte seulement, mais pour expliquer des choses que les Ivoiriens n’auraient pas comprises », suggère Semien, qui était entouré du président de la Ligue ivoirienne des droits de l’homme (LIDHO) Pierre Adjoumani et du directeur exécutif d’Amesty Côte d’Ivoire Hervé Delmas Kokou.

Ces derniers, a-t-il précisé à l’entame, n’ont pas été associés à cette conférence de presse mais sont juste venus soutenir son organisation. Le président de l’OIDH justifie sa demande adresser au chef de l’Etat.

« Parce que moins il le fera, plus la grogne sociale prendra de l’ampleur. Les Ivoiriens ne sont pas contents du coût de l’électricité, surtout que les conditions économiques sont devenues compliquées à cause de la baisse du coût du cacao. Donc, il y a beaucoup de choses que les Ivoiriens ne comprennent pas (…) Il faut qu’il parle aux Ivoiriens : c’est quoi cette affaire de mutinerie, voici ce que la chute du cours du cacao a entrainé, voilà comment j’entends pour rectifier le tir, etc. Il faut qu’il redonne confiance aux Ivoiriens ».

Soul To Soul doit être « inquiété »

L’organisation de défense des droits de l’homme réclame aussi une Commission d’enquête parlementaire pour faire la lumière sur les récentes mutineries et les primes de 12 millions francs Cfa payées à quelques 8400 soldats issus de l’ex-rébellion.

« Les Ivoiriens ont droit à l’information notamment sur la nature et le contenu de cette dette et de cette créance, sur les modalités de règlement de ce différend et puis sur l’origine des fonds qui ont servi à satisfaire ces soldats. L’OIDH demande à l’Etat de Côte d’Ivoire de faire la lumière sur ces primes exorbitantes payées au contingent dit de 8400. Pour cela, l’IODH demande la mise en place d’une Commission d’enquête parlementaire », déclare Eric Aimé Semien qui s’interroge sur la légitimité de ces revendications.

Il souhaite également un audit du DDR (programme désarment, démobilisation et réinsertion) après les soulèvements des démobilisés. L’OIDH réclame aussi des enquêtes appropriées et transparente sur des armes qui seraient dissimulées sur le territoire comme les ont par exemple révélées les rapports de l’ONU.

Tout comme sur celles découvertes au domicile de Souleymane Kamagaté (Soul To Soul), le directeur du protocole de Guillaume Soro. Concernant ce dernier cas, Semien estime que la justice n’est pas allée assez loin en se limitant à de simples auditions. « J’estime simplement que le fait que des armes soient découvertes est une situation de flagrant délit. Une situation qui, malgré les explications, mérite quand même que l’individu soit inquiété », observe-t-il. Car, poursuit-il, d’anciens ministres et responsables ont été arrêtés « pour des faits qui sont moins graves que ça ».

L’organisation invite le gouvernement à « se conformer » à la décision la Cour africaine des droits de l’homme qui avait condamné en novembre 2016 l’Etat de Côte d’Ivoire à revoir la composition de la Commission électorale indépendante (CEI). Pour le président de l’OIDH, l’Etat ivoirien doit « respecter » cette décision, ce qui serait « un gage d’ouverture démocratique et de respect de ses engagements vis-à-vis de la communauté internationale ».

L’OIDH se réjouit par ailleurs de l’élection de la Côte d’Ivoire comme membre non permanent du Conseil de sécurité de l’ONU, salue l’adoption du décret du 22 février 2017 portant modalités d’application de la loi de 2014 portant promotion et protection des défenseurs des droits de l’homme de Côte d’Ivoire qui est « une avancée notable » et se félicite de la libération conditionnelle de l’ancien ministre Hubert Oulaye.

Anderson Diédri

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