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L’opposition ivoirienne appelle à la désobéissance civile

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L’opposition ivoirienne rassemblée autour du président du PDCI, Henri Konan Bédié, a appelé dimanche à la désobéissance civile en réponse à un processus électoral biaisé couronné par la candidature d’Alassane Ouattara pour un 3ème mandat.

Le principal candidat de l’opposition à l’élection présidentielle en Côte d’Ivoire a appelé à une campagne de désobéissance civile afin de faire barrage à la candidature du président Alassane Ouattara pour un troisième mandat lors de l’élection présidentielle du mois prochain. Henri Konan Bédié – un ancien président – a déclaré que les partis d’opposition étaient unis pour « restaurer l’Etat de droit et la démocratie ». « Face à la forfaiture, un seul mot d’ordre: la désobéissance civile », a déclaré Henri Konan Bédié  ovationné par de nombreux militants de l’opposition réunis au siège du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) dans la commune de Cocody. Outre cet appel à la désobéissance civile, l’opposition réclame la dissolution de la Commission électorale indépendante (CEI) et du Conseil constitutionnel, qu’elle estime « inféodés » au pouvoir et donc pas capable d’organiser une élection « transparente ».

Le président du PDCI autour duquel se construit visiblement un front d’opposition n’était pas seul lors de cette rencontre. Assoa Adou, le secrétaire général du Front Populaire Ivoirien (FPI) de l’ex-président Laurent Gbagbo et Zié Koné pour le mouvement Générations et Peuples Solidaires (GPS) de Guillaume Soro étaient à ses côtés. Plusieurs autres partis d’opposition écartés de la course à la présidentielle ou dénonçant un processus électoral biaisé étaient aussi représentés. C’est un dialogue de sourd qui s’installe donc entre le pouvoir et l’opposition. Alors que le premier ministre Hamed Bakayoko appelait samedi à Yopougon à des élections apaisées, l’opposition réplique par un appel à la désobéissance civile.

L’élection présidentielle en Côte d’Ivoire est considérée comme un test majeur de la stabilité de la locomotive économique de l’Union Economique et Monétaire ouest-africaine. Le souvenir de la crise post-électorale meurtrière de 2011 qui a fait 3000 morts est encore présent dans les esprits et cet appel à la « désobéissance civile » pourrait entraîner une nouvelle escalade de la tension en Côte d’Ivoire. Une quinzaine de personnes sont déjà mortes en août dans des violences survenues dans le sillage de l’annonce de la candidature du président Ouattara à un troisième mandat.

Traoré Bakhary

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