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Plus d’engagement des décideurs africains pour vaincre le VIH-SIDA

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La 19ème Conférence internationale sur le SIDA et les IST en Afrique (ICASA 2017) s’est achevée ce samedi 09 décembre à Abidjan. Au terme de la rencontre, les délégués venus des quatre coins du monde ont invité les décideurs africains à plus d’engagement pour l’élimination de la pandémie à l’horizon 2020.

L’ICASA 2017 a officiellement réuni quelques 7.000 participants dans la capitale économique ivoirienne autour de plusieurs activités liées à la lutte contre le VIH-SIDA. Il s’agissait notamment de conférences, d’ateliers sur les enjeux de la lutte contre le SIDA en Afrique sans oublier la rencontre des premières dames africaines présentes à Abidjan. Un rendez-vous rendu possible grâce à l’engagement au plus haut niveau des autorités ivoiriennes symbolisé lors de la cérémonie d’ouverture par la présence du président de la République Alassane Ouattara. Dr Ihab Ahmed, le président de la société Africaine Anti-Sida (SAA) n’a pas manqué de souligner « la parfaite organisation » de l’ICASA 2017 en terre ivoirienne.

Au-delà de l’engagement des autorités ivoiriennes, c’est aussi le dévouement des acteurs africains engagés contre le VIH-SIDA qui mérite d’être salué en raison de la qualité des propositions qui ont été faites pour la l’atteinte de l’Objectif 90-90-90. En effet, c’est en 2015 que la communauté internationale s’est fixée l’ambitieux objectif des 3-90 qui stipulent qu’à l’horizon 2020, 90% des personnes vivant avec le VIH connaissent leur statut sérologique, 90% de toutes les personnes infectées par le VIH dépistées reçoivent un traitement antirétroviral durable et 90% des personnes recevant un traitement antirétroviral ont une charge virale durablement supprimée. Si cet objectif est atteint, le VIH-SIDA ne sera plus qu’un vieux souvenir d’ici 2030.

« Pour atteindre la fin de l’épidémie en 2030, il faudra un engament soutenu des leaders, des gouvernements, de l’Union Africaine et des partenaires », indique le document final lu par le rapporteur général de la conférence, le Colonel Alain Azondekon. S’appropriant cette recommandation, le vice-président de la République de Côte d’Ivoire, Daniel Kablan Duncan, a appelé l’ensemble des Etats du monde et particulièrement ceux d’Afrique à faire de la lutte contre la pandémie une priorité absolue.

« J’invite tous les acteurs potentiels de la lutte c’est-à-dire les décideurs, la société civile, les chercheurs, le secteur privé, les communautaires et les populations à jouer chacun sa partition pour faire de la lutte contre cette pandémie une priorité absolue », a souligné M. Duncan.

Depuis la découverte du VIH autour des années 80 et le début de la lutte contre la maladie, les orientations et stratégies que la communauté internationale a adopté face à la pandémie ont évolué au fil des années. Aujourd’hui, il est important de faire des populations clé une priorité pour réellement avancer vers la fin de la pandémie. Travailleurs du sexe, communautés LGBTI et de plus en plus les adolescents doivent être des cibles prioritaires dans la lutte contre le VIH-SIDA. Parlant notamment des cibles prioritaires, Michel Sidibé, le directeur exécutif d’ONUSIDA n’a pas manqué de souligner la vulnérabilité des « filles et jeunes femmes en Afrique Subsaharienne ».

« Les efforts de prévention doivent être intensifiés. Les études montrent que dans certaines parties d’Afrique de l’Est, les filles âgées de 15 à 19 ans représentent 74% des nouvelles infections chez les adolescents et plus de 90% en Afrique australe » note le directeur exécutif d’ONUSIDA.

Il y avait 62 000 adolescents (15-19 ans) nouvellement infectés par le VIH en 2016, un nombre inchangé par rapport à 2010 : un signe assez inquiétant ! Faire en sorte que la dernière génération touchée par le VIH soit celle qui lutte en ce moment implique donc qu’il « faut plus de capacité pour les jeunes filles et adolescentes dans un processus de changement social pour influencer les comportements des hommes de demain » précise Colonel Alain Azondekon, rapporteur général de la conférence. Les pays africains doivent davantage renforcer les campagnes de sensibilisation et de dépistage à destination des populations clé mais aussi et surtout améliorer l’accès des ARV aux cibles vulnérables comme les enfants et les femmes enceintes.

Si le nombre de personnes traitées est passé de 100.000 à 14 millions entre 2000 et 2016 en Afrique, et que la mortalité liée au VIH-SIDA a baissé de 50%, « ce n’est pas le moment de baisser la garde », a rappelé Michel Sidibé. Pour mémoire, c’est la deuxième fois que la Côte d’Ivoire accueille la Conférence internationale sur le SIDA et les IST en Afrique après la 10ème édition organisée en 1997. La prochaine conférence ICASA 2019 (20ème édition) est prévue pour se tenir au Rwanda.

SUY Kahofi

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