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Que faut-il pour sauver le caoutchouc naturel ivoirien ?

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Le caoutchouc naturel se négocie de plus en plus mal sur le marché international. Une situation qui en plus de décourager les producteurs entraine une grosse perte de revenus pour toute la filière qui tente de s’organiser face à la concurrence des pays asiatiques.

La production mondiale de caoutchouc dans le monde a augmenté de 4 millions de tonnes dans un contexte de chute des cours mondiaux entrainant une forte baisse des revenus des producteurs. De nombreux paysans disent regretté d’avoir ‘sacrifié’ leurs vergés de cacao et de café pour la production de caoutchouc naturel qui pourtant il y a cinq les avait rendu prospère. Aujourd’hui, face au découragement certains producteurs ont décidé de vendre leurs plantations ou de détruire les plans pour envisager d’autres cultures industrielles plus rentables.

D’un prix bord champ autour de 1000 f CFA il y a quelques années, le prix officiel du kilogramme de caoutchouc naturel a fortement chuté. A titre d’exemple, les autorités ivoiriennes ont fixé pour ce mois d’octobre le prix du caoutchouc naturel à 275 FCFA. Or sur le marché international le kilo est acheté à 245 f CFA, voire 250 f CFA dans le meilleur cas. Cette situation est préjudiciable à l’Association des exportateurs de caoutchouc naturel de Côte d’Ivoire (AEXCI), qui fait les mains et pieds pour évacuer la production des planteurs qui est comprise entre 200 et 300 mille tonnes.

Pour trouver une solution sur le long terme, les exportateurs d’hévéa proposent la création d’usines pour résorber le problème de la mévente. La Côte d’Ivoire ne dispose que de 15 usines de traitement et de conditionnement de caoutchouc naturel. Les dix autres nécessaires pour absorber sa production nationale ne sont toujours pas opérationnels. Samuel Mobio Espérance, président de l’AEXCI demande aux autorités d’encourager et d’accélérer la création de plusieurs unités de transformation.

« Nous travaillons dans ce sens et nous pensons jusqu’à la fin 2020, nous allons réaliser notre unité de transformation avec l’aide de nos partenaires. Nous encourageons tous les partenaires privés, tous les opérateurs économiques à la création d’unités de transformation ».

Le président de l’AEXCI a aussi indiqué que les armateurs refusent de prendre les conteneurs et a demandé de l’aide auprès des autorités, car les exportateurs n’arrivent pas à faire convenablement leur travail. A moyen terme, l’AEXCI souhaite que l’Etat de Côte d’Ivoire l’appui dans l’affrètement des navires pour l’évacuation des cargaisons encore chez les planteurs. « Nous allons tout mettre en œuvre pour déstocker toutes les cargaisons entre les mains des producteurs qui sont évaluées entre 200 mille et 300 mille tonnes » a insisté, le Président, tout en souhaitant que les navires soient réguliers. L’AEXCI a aussi annoncé que d’ici le 10 novembre 2019, un navire accostera sur les eaux ivoiriennes pour embarquer une importante quantité de produits en souffrance chez les planteurs.

La production de caoutchouc naturel de la Côte d’Ivoire a atteint 624.074 tonnes en 2018, soit une hausse de 3,3%, faisant passer le pays au rang de 1er producteur africain et 7ème mondial (3%), loin derrière la Thaïlande (36%), l’Indonésie (26%), le Vietnam (8%), la Chine (6%) et l’Inde (6%).

Traoré Bakhary

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