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Transport : les tacots indésirables en Côte d’Ivoire

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Rajeunir le parc automobile ivoirien, voici la raison qui a poussé le Gouvernement de Côte d’Ivoire à adopter début décembre 2017 deux décrets relatifs à l’importation et l’exploitation des véhicules sur le territoire national. Des décrets dont l’application passe par une concertation et une action commune des acteurs étatiques et ceux de la filière importation.

Le parc automobile en Côte d’Ivoire est vieillissant et les statistiques de la Société Ivoirienne de Contrôle Technique Automobiles et Industriels (SICTA) le montrent. 75% des véhicules qui composent le parc automobile ivoirien ont un âge moyen qui oscille entre 16 et 20 ans. Il s’agit du plus vieux parc automobile de l’espace CEDEAO ! La majorité de ces véhicules plus connus sous l’appellation ‘France au revoir’ sont principalement importés depuis les pays européens. Ces camions, autocars, utilitaires et autres voitures de tourisme ne sont plus aptes à circuler en Europe en raison des normes sécuritaires et environnementales de plus en plus rigoureuses.

L’Afrique reste donc une terre qui offre une seconde vie à ces engins trop vieux sous d’autres cieux. Cependant, le manque de normes dans la filière de l’importation des véhicules d’occasion depuis l’indépendance de la Côte d’Ivoire a conduit à l’arrivée sur le marché ivoirien de véritables épaves ! Un danger sécuritaire et environnemental qui ne laisse pas le Gouvernement Ivoirien indifférent. Les choses doivent changer d’où la politique de limitation d’âge des véhicules importés et exploités sur le territoire national.

En ce qui concerne l’importation, l’âge des voitures personnelles (véhicule de type tourisme) et ceux destinés à l’usage de transport en commun (taxi) est fixé à 5 ans. Les minicars de 9 à 34 places et les camionnettes allant jusqu’à 5 tonnes ne devront pas excéder 7 ans d’âge. Les cars de plus 34 places sont désormais limités à 10 ans quand les camions de 5 places et plus devront être âgés de 10 ans maximum. En imposant ces limites d’âge, la Côte d’Ivoire veut lutter principalement contre la dégradation des routes et le réchauffement climatique liés à certains composants contenus dans les gaz d’échappement.

Les deux décrets adoptés fin 2017 doivent entrer en vigueur. Or dans les parkings des revendeurs, plusieurs véhicules ne respectant pas les dispositions indiquées dans les décrets sont encore stationnés. L’inquiétude se lit déjà sur les visages sous fond de polémique dans le secteur du transport. En effet, des propriétaires de taxi et de mini cars (gbaka) soupçonnent le Gouvernement de vouloir favoriser des entreprises privées ayant plus de moyens pour disposer d’un parc automobile composé de véhicules neuf. Il n’en est rien puisque le Gouvernement a préalablement indiqué les raisons qui motivent l’adoption de ces deux décrets.

C’est d’ailleurs pour rassurer les acteurs du secteur du transport et notamment ceux de la filière importation, que le ministre des transports Amadou Koné a instauré un cadre d’échange et d’information ce 8 février 2018. Face aux consignataires, armateurs, transitaires et importateurs, le ministre s’est efforcé à dissiper tous les malentendus liés à la démarche du Gouvernement. Parmi les préoccupations inscrites sur l’agenda des échanges deux questions d’une importance capitale pour les opérateurs de la filière. La date d’entrée en vigueur des décrets et la date butoir d’embarquement dans les ports européens des véhicules ne répondant plus aux limitations d’âge indiquées par le Gouvernement.

Ces deux préoccupations trouveront une réponse grâce à l’action du comité paritaire qui sera installé le 15 février 2018. Ce comité composé de représentants des structures étatiques et de ceux des acteurs de la filière sera en activité pendant 12 mois. Objectif « procéder régulièrement à une évaluation de la mise en œuvre des décrets et proposer si nécessaires des mesures correctives » a indiqué le ministre des transports Amadou Koné. Lors de cette rencontre, le ministre a annoncé une innovation dans le secteur de l’importation des véhicules.

Grâce à l’Agence Nationale du Service Universel des Télécommunication et des TIC (ANSUT), une plateforme sera mise en ligne pour faciliter la procédure d’immatriculation et de sortie des véhicules. Cet outil technologique permettra notamment de réduire les délais de traitement des dossiers et d’éliminer les faux-frais qui alourdissent le coût d’achat des véhicules.

SUY Kahofi

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