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La menace des élections plane toujours sur la Côte d’Ivoire (Rapport)

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Le mouvement citoyen Tournons La Page en Côte d’Ivoire (TLP-CI) a présenté ce 12 novembre 2021 son rapport relatif aux violences électorales survenues lors des dernières élections présidentielles en Côte d’Ivoire. 12 mois d’enquête qui mettent en lumière de graves violations des droits de l’homme.

« Côte d’Ivoire : La menace des élections », voici le titre du rapport du mouvement citoyen Tournons La Page en Côte d’Ivoire (TLP-CI). Grâce à un déploiement d’enquêteurs dans neuf localités de la Côte d’Ivoire, le mouvement est arrivé à documenter des violations des droits de l’homme commises par des personnes se réclamant proches des chapelles politiques en lutte pour le pouvoir.

Des violences qui résultent du long bras de fer entre les partis d’opposition et la coalition au pouvoir depuis le projet de réforme de la Commission électorale jusqu’à la volonté du président Alassane Ouattara de briguer un troisième mandat.

S’exprimant sur la méthodologie de travail des enquêteurs, David Oueza, le secrétaire à l’organisation de la TLP-CI a indiqué que des entretiens ont été conduits avec « les présidents de quartiers, les chefs communautaires, les leaders d’associations de quartiers, les chefs de village, les plateformes de partis politiques, les autorités sanitaires et les victimes elles-mêmes ». A cela s’ajoute des fiches d’enquête renseignées dans les localités cibles dont Daoukro, Toumodi, Bonoua, M’Batto…

Quelles violations des droits de l’homme ?

Le rapport de 17 pages distingue plusieurs types de violations des droits de l’homme qui s’étendent des restrictions à la liberté d’expression aux atteintes à l’intégrité physique et même le meurtre. Pro et anti désobéissance civile du 14 septembre 2020 se sont affrontés dans plusieurs localités avec pour conséquences des scènes de pillage, d’incendie volontaire et de voie de fait.

Amani Didier, coordinateur général de Tournons La Page en Côte d’Ivoire (TLP-CI) fait remarquer que le rapport a permis d’identifier « 294 victimes directes dont 47% sont des jeunes. Parmi ces victimes, 36 personnes décédées dont 6 mineurs et des personnes dont les commerces et les domiciles ont été détruits ».

« 88% des victimes sont des hommes, ce qui pourrait s’expliquer par leur grande implication dans les activités politiques » a-t-il fait remarquer avant d’ajouter que 882 autres victimes indirectes ont été répertoriées.

« Celles-ci sont constituées des personnes endeuillées et des personnes à charge qui sont généralement sans revenus et des autres personnes impactées indirectement par des troubles » explique Amani Didier.

Les processus électoraux en Côte d’Ivoire semblent se succéder et se ressembler depuis la crise post-électorale de 2011 ayant fait 3000 morts. Les élections ne peuvent plus être une menace pour la Côte d’Ivoire d’où les recommandations de la TLP-CI pour que le passif des dernières violences électorales soit apuré.

Tout en invitant les organisations de la société civile et les partis politiques à une meilleure éducation citoyenne et politique des ivoiriens, Tournons La Page en Côte d’Ivoire invite le gouvernement à poser des actes forts. Il s’agit notamment de l’ouverture d’une enquête indépendante sur ces violations des droits de l’homme, la promotion du dialogue politique, l’indemnisation des victimes et le renforcement de la sécurité des populations.

Le rapport de Tournons La Page en Côte d’Ivoire (TLP-CI) ayant été officiellement présenté, un travail de vulgarisation auprès des parties prenantes sera effectué afin de contribuer à assainir les prochaines joutes électorales en Côte d’Ivoire.

Suy Kahofi

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