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Projet de création d’un réseau francophone au sein de l’INGSA

Rémi Quirion : un mandat pour soutenir la recherche scientifique dans les pays francophones

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Le 4ème Congrès international sur les avis scientifiques aux gouvernements, qui s’est déroulé dans la ville de Montréal au Canada, s’est soldé par une volonté réelle de lancer le premier réseau francophone visant à aider les responsables politiques à utiliser la science plus efficacement dans leur prise de décision.

La science doit être suffisamment accessible pour soutenir l’élaboration des projets socio-économiques, politiques et stratégiques d’un pays ou d’un continent. Cependant, la recherche scientifique et l’accès au contenu scientifique reste difficile dans plusieurs pays notamment ceux de la sphère francophone. Plusieurs experts déplorent que la recherche anglo-saxonne ait longtemps été privilégiée par rapport aux publications scientifiques francophones pour informer les décideurs politiques sur les questions auxquelles ils devraient s’intéresser.

L’International Network for Government Science Advice (INGSA) en français Réseau international pour les avis scientifiques aux gouvernements ; espère changer cet état de fait et renforcer les capacités des différents acteurs impliqués dans l’utilisation des preuves scientifiques pour accompagner et impacter les prises de décisions à tous les niveaux au sein des gouvernements.

Le chercheur canadien Rémi Quirion, qui vient d’être élu à la tête de l’International Network for Government Science Advice (INGSA), tient à reproduire dans le monde universitaire francophone les succès enregistrés dans les pays anglophones en matière de recherche et de vulgarisation des contenus scientifiques. Dans une interview accordée à Eburnie Today, le scientifique en chef du Québec a décliné les axes prioritaires de son action pour les pays francophones.

Il s’agit dans un premier temps de la création du premier réseau francophone en conseil scientifique. « Un appel d’offres devrait sortir d’ici quelques mois et devrait inclure des équipes de chercheurs du Québec, d’au moins deux pays d’Afrique francophone et un pays francophone d’Europe » précise Rémi Quirion. La formation d’un réseau francophone vise notamment à offrir des opportunités d’échange d’idées et d’expériences, en particulier dans des domaines clés comme le changement climatique et la crise sanitaire de la Covid-19, et à accroître la visibilité de la recherche francophone

A la création du réseau s’ajoute un « appui aux publications scientifiques en français via la plateforme ‘Erudit’ en science ouverte » et les bourses « Fellowship START-FRQ pour de la recherche en lien avec l’environnement dans les pays d’Afrique francophone ».

Bien qu’il ne soit pas en lien direct avec l’INGSA, Rémi Quirion évoque également les opportunités qu’offrent les « réseaux Québec-Afrique en environnement financés par le ministère de l’environnement du Québec » et qui pourraient intéresser les chercheurs et scientifiques des pays d’Afrique francophone. Mr Quirion est l’un des cofondateurs du réseau INGSA fort de quelques 5 000 membres répartis dans 110 pays à travers le monde.

Il espère que sa présidence lui permettra d’exécuter la vision qu’il s’est donné lorsqu’il a cofondé l’INGSA en 2014 : offrir une plateforme pour faciliter et promouvoir le conseil scientifique aux gouvernements, notamment entre les États de la Francophonie. Une vision qui se fera avec l’accompagnement des médias. L’INGSA n’a sans doute pas de réponse immédiate sur de possibles projets visant à accentuer sa coopération avec l’univers du journalisme scientifique et plus largement des médias. Cependant, des idées de coopération peuvent déjà être explorées.

« Les Fonds de recherche du Québec ont divers programmes que l’on pourrait déployer en Afrique s’il y a un intérêt de la part des partenaires africains et de l’INGSA. Les exemples de programmes des Fonds de recherche du Québec inclus le dialogue, l’engagement et la détection de rumeurs ainsi que le développement d’approches de recherche visant à contrer la désinformation » souligne Rémi Quirion.

Les récentes crises sanitaires et notamment celle de la pandémie de la Covid-19 ont démontré encore une fois la nécessité du conseil scientifique comme un outil important pour aider les gouvernements dans les situations de crise. La pandémie de la Covid-19 a suscité un fort intérêt du public pour la science et a même élevé de nombreux scientifiques au rang de célébrités à travers le monde. « Pourtant, cette popularité brouille les frontières entre la science, les scientifiques et le pouvoir politique » peut-on lire dans un communiqué publié par l’INGSA. Il faut donc multiplier les actions concrètes et promouvoir de meilleurs liens de coopération entre le monde scientifique et les décideurs.

Suy Kahofi

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