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L'actualité ivoirienne sans coloration politique

Que reste-t-il de la forêt ivoirienne ?

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Les principales conclusions de l’Inventaire Forestier Faunique National (IFFN) de la Côte d’Ivoire ont été présentées ce mardi 29 juin par le Ministère des Eaux et Forêts et ses partenaires techniques. Les ivoiriens ont désormais un aperçu très clair de ce qui leur reste de forêt.

Dans un pays marqué par un fort processus de déforestation, les résultats de l’IFFN étaient très attendus pour savoir effectivement si les chiffres avancés ici et là en ce qui concerne la forêt ivoirienne étaient fondés. Selon l’inventaire, la superficie de la forêt ivoirienne est estimée 2,97 millions d’hectare soit moins de 10% de la superficie totale du pays. Avec 9,2% de forêt – soit 2 880 490 ha de forêt naturelle et 92 340 ha fruit du reboisement – la Côte d’Ivoire n’est plus un pays forestier au sens strict du terme. Le ministre des Eaux et forêts, Alain Richard Donwahi, à même indiqué que seulement 13,3% des forêts classées et 32,2% des aires protégées contiennent encore une couverture forestière !

Les longues années d’exploitation forestière et agricole industriel anarchiques ont fini par réduire sérieusement le couvert forestier ivoirien. Cette situation impacte directement la diversité de la faune et de la flore. Après deux ans et demi passé sur le terrain, les équipes techniques de l’IFFN confirment à travers leurs conclusions, l’urgence de protéger la forêt ivoirienne et ce qu’elle renferme. Mais l’urgence ne concerne pas seulement la forêt. Après avoir parcouru 31 régions, 108 départements et menés les inventaires forestiers sur 1417 unités d’échantillonnage de 25 ha chacun, les agents techniques ont pu également recenser les espèces animales sérieusement menacées par le braconnage et les activités humaines.

Il s’agit de « 22 espèces protégées intégralement et 34 espèces sur la liste rouge de l’UICN dont (i) 5 espèces en danger critique d’extinction (crocodile à nuque cuirassée, panthère, cercopithèque Diane, colobe magistrat et chimpanzé…) et 9 espèces en danger d’extinction » précise le rapport d’inventaire. Ces espèces rares ont été observées principalement dans les parcs nationaux et très rarement rencontrés en dehors des aires protégées.

Le dernier inventaire forestier en Côte d’Ivoire remonte 1979 et n’a concerné que la partie méridionale du pays. Il a donc fallu attendre près de 40 ans pour que la Côte d’Ivoire puisse réaliser un Inventaire Forestier Faunique National assez complet qui doit pouvoir aider les décideurs à orienter leur politique en matière de protection de la faune et la flore. Cet inventaire pourra être également un outil capable de peser dans le dialogue sur la politique agricole ivoirienne. Ce n’est un secret pour personne, l’agriculture intensive et principalement celle du cacao est la première menace du couvert forestier ivoirien. Si rien n’est fait pour trouver un équilibre entre exploitation forestière et politique de sauvegarde de la forêt, il restera moins de 2 millions d’hectares de forêt en Côte d’Ivoire à l’horizon 2035 précise l’IFFN.

Notons que l’Inventaire Forestier Faunique National (IFFN) de la Côte d’Ivoire a été mis en œuvre par la SODEFOR (Société de développement des forêts), l’Agence nationale d’appui au développement rural (ANADER) et l’Office ivoirien des parcs et réserves (OIPR).

Suy Kahofi

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