L'actualité ivoirienne sans coloration politique

2017 LE RECAP : 356 jours en mode 2.0

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Le monde se développe au rythme de la croissance des TIC dans tous les secteurs d’activité et aucun pays ne peut être en marge de cette croissance. 2017 le confirme car l’année fut très riche en événements et innovations à l’échelle de la planète mais également sur le plan national.

Abidjan la capitale économique ivoirienne a été au fil de l’année 2017 la capitale Africaine des TIC à l’occasion de plusieurs événements dont certains avaient pour objectif premier de situer l’importance des TIC dans le développement socio-économique de l’Afrique. Ainsi, le Forum Africain sur les technologies de l’Information et de la Télécommunication (AITTF 2017) s’est déroulé à Abidjan les 10 et 11 avril 2017 autour du thème « L’administration africaine à l’heure du numérique ». Le Sénégal était l’invité d’honneur de cette 7ème édition organisée en partenariat avec l’ANSUT, l’Agence nationale du service universel des télécommunications–TIC de Côte d’Ivoire.

Cette rencontre a permis de rappeler que l’Afrique ne peut bâtir son développement sans les TIC. Cependant, les projets identifiés et consolidés dans ce domaine doivent répondre effectivement aux besoins des populations à la base. Ces besoins sont entre autres la modernisation de l’agriculture (e-agri), l’accès aux soins de santé (e-santé), la modernisation de l’administration et du système éducatif. L’AITTF 2017 a donc encouragé les pays africains à se doter d’agence de développement des TIC devant aider à la concrétisation des projets identifiés. A ce niveau la Côte d’Ivoire semble être sur la bonne voie avec la création de l’Agence nationale du service universel des télécommunications–TIC de Côte d’Ivoire.

Depuis sa création, l’ANSUT a investi entre 300 et 400 milliards de f CFA dans plusieurs projets qui facilitent la vie à un nombre considérable d’ivoiriens. Le projet RNHD (Réseau national haut débit) est une parfaite illustration avec son ambition de déploiement de 7000 km de fibre optique. 2000 km sont déjà opérationnels et contribuent à transmettre un signal de qualité aux entreprises et particuliers. L’ANSUT c’est aussi les cyber-centres communautaires pour les villages de plus de 500 habitants. L’ambition de base vise à ouvrir au bas 5000 centres et d’y promouvoir une éducation aux TIC tout en facilitant la communication et les activités économiques. L’Agence veut donc réduire la fracture numérique et annonce déjà pour 2018 une caravane d’initiation aux TIC à travers le pays.

En initiant chaque ivoirien aux TIC ce sont des opportunités d’emplois qui se créent et des entreprises qui pourront ainsi dématérialiser leurs services et les rapprocher davantage des ivoiriens. C’est bien l’une des solutions qu’entend adopter la Poste de Côte d’Ivoire. Après une longue période de léthargie, l’entreprise reprend des couleurs grâce un à ambitieux plan stratégique impulsé par son Directeur Isaac Yamba. Au cours de l’année 2017, une restructuration de l’entreprise a été décidé conduisant au licenciement de plusieurs employés. Une crise interne qui ne va sans doute pas dérouter l’entreprise de son plan stratégique basé sur une vision forte : être la maison du citoyen, le coursier de l’Etat et des entreprises.

Ce challenge, cette ambition ne sera qu’un vœu pieu sans une volonté politique réelle et un accompagnement du Gouvernement Ivoirien. L’administration centrale doit redonner en premier à La Poste toute sa force. Le courrier officiel de l’Etat de Côte d’Ivoire (donc de son administration) ne peut être sous-traité avec des particuliers ou le privé. Si l’administration publique, en commençant par les Ministères, mise de nouveau sur La Poste, d’autres clients suivront. Et pour finir se sont des emplois importants qui seront officiellement crées.

Jeunesse et TIC en 2017

Les TIC sont aussi porteurs d’espoir pour la jeunesse ivoirienne et il est important de penser à les vulgariser à tous les niveaux, pour toutes les couches sociales et dès le bas âge. C’est ce à quoi se sont attelés les organisateurs de la Semaine africaine des sciences. Durant cette semaine, un atelier de création de logiciels en résidence pour et par les jeunes filles a eu lieu à Grand-Bassam les 28, 29 et 30 juin. Concomitamment, un atelier d’initiation au code informatique, à l’électronique et à la robotique a réuni des enfants de 8 à 15 ans à Abobo (Fab Baby Lab). Un autre atelier pratique de fabrication de drones et d’imprimantes 3D a été organisé le 29 juin toujours à la Fab Baby Lab d’Abobo. Les jeunes, les enfants et surtout les filles ont été au cœur de cette activité. Et parlant justement des jeunes filles et des femmes, 2017 pourrait être l’année des femmes et des TIC en Côte d’Ivoire.

En effet, l’ivoirienne Raïssa Banhoro s’est hissée sur la première marche du podium dans le cadre de la deuxième édition du Prix RFI Challenge App Afrique. Lancé en 2016, le concours RFI Challenge App Afrique est une compétition visant à développer l’Internet citoyen en encourageant des projets aux services de l’intérêt général. La première édition du concours fut consacrée à la santé. Pour cette deuxième édition, RFI a choisi comme thème l’éducation des filles en Afrique et plus de 600 candidatures ont été enregistrées de 34 pays d’Afrique francophone. Fait majeur, 46% des projets finalistes étaient proposés, cette année, par des femmes. Au terme de la présélection, 3 candidates ont été retenues. Il s’agit de Seynabou Thiam du Sénégal avec « Femin’in », Patricia Nzolantima de la RDC avec « My Nyota » et Raïssa Banhoro de la Côte d’Ivoire pour son application « Lucie ». C’est d’ailleurs cette application qui a retenu l’attention du jury.

Pour en savoir un peu plus sur le Prix RFI Challenge App Afrique : http://www.rfi.fr/afrique/20171011-raissa-banhoro-laureate-2eme-edition-rfi-challenge-app-afrique

En pendant qu’une ivoirienne décrochait le premier prix du concours RFI Challenge App Afrique, une autre réitérait l’exploit de faire d’Abidjan la capitale africaine du web. Mariam Sy Diawara fondatrice d’Africa Web festival, a permis à 15.000 participants, 200 intervenants, 100 exposants et 100 médias internationaux de se retrouver en Côte d’Ivoire lors de la 4ème édition du festival. Co-organisé par les structures Univers Com, Madingo et la Maison de l’Afrique à Montréal, l’AWF2017 a réuni les acteurs autour du thème « Créativité – innovation – entrepreneuriat ». Un rendez-vous devenu une institution pour la promotion de l’innovation et de la destination Côte d’Ivoire sur le plan international.

Ebony T. Christian

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