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Forte croissance du trafic de chimpanzés

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Les chimpanzés sont des animaux protégés particulièrement ciblés par les trafiquants fauniques et leurs réseaux. Le trafic de cette espèce est particulièrement préoccupant et la Côte d’Ivoire n’y échappe pas.

Il y a de cela 29 ans, la Côte d’Ivoire comptait entre 8.000 et 12.000 chimpanzés. Selon les derniers chiffres officiels publiés dans la revue Current Biology datée d’Octobre 2008 (se basant sur un recensement des nids de chimpanzés entre juillet à décembre l’année précédente), 1.000 était alors le nombre de chimpanzés dans les parcs nationaux ivoiriens. Le parc de Taï dans l’ouest de la Côte d’Ivoire comptait à lui seul près de 500 individus. Ces chiffres datent d’il y a presque 10 ans et certaines ONG estiment que la population de chimpanzé dans le pays ne doit guère avoisiner le millier d’individus en raison d’un trafic intense. Les braconniers et autres revendeurs illégaux s’attaquent à l’espèce dès le berceau.

Les bébés et très jeunes chimpanzés sont les plus prisés par les acheteurs, généralement richissimes demandeurs originaires d’Asie du sud-est, du golfe persique, de la Chine, de l’Europe ou des Etats-Unis pour servir d’animal de compagnie. Pour un seul bébé chimpanzé capturé, une dizaine d’adultes sont tués. L’animal vivant en clan est très protecteur, prêt à tout pour protéger les jeunes du groupe. Les braconniers et les réseaux de revendeurs ont aussi pu asseoir un mécanisme sophistiqué de corruption d’agent de l’Etat. Faux documents administratifs, corruption de policiers et douaniers sont autant d’actes qui favorisent le trafic.

Un trafiquant vietnamien d’espèces protégées condamné

Pour preuve, des journalistes d’investigations de la BBC ont pu se procurer de faux permis d’exportation de chimpanzé contre la somme de 4.000 dollars l’unité ; soit 2.000.000 Fcfa en décembre 2016 à Abidjan lors d’une enquête-reportage sur le trafic du chimpanzé. Les trafiquants pillent le patrimoine et les ressources naturelles du pays, compromettant ainsi la réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement, et la transition vers des économies vertes.

Comment freiner ce trafic ?

Pour freine ce trafic, « il faut d’abord empêcher les gens d’acheter les chimpanzés » soutient Sarah Crawford, Directrice de Akatia, une ONG spécialisée dans la conservation du chimpanzé en Côte d’Ivoire. « Il faut qu’il soit toujours une amende pour toute personne trouvée avec un chimpanzé à la maison. Il faut également toujours poursuivre les trafiquants ». Des poursuites dont les autorités ivoiriennes assistées d’EAGLE-Côte d’Ivoire sont en train d’intensifier actuellement.

Dans la même veine de solutions, le PNUE (Programme des Nations Unies pour l’Environnement) avait proposé certaines recommandations un rapport d’évaluation publié en 2013 car selon le PNUE, réussir la lutte contre le commerce illégal chimpanzés équivaut à enquêter d’une part sur les trafiquants et les acquéreurs internationaux de grands singes en raison de leur complicité dans le cadre d’activités de criminalité organisée transfrontalière. Et de d’autres part, améliorer la formation des officiers de polices, des agents des douanes et du corps judiciaire sur les problèmes liés au commerce illégal des grands singes, aux atteintes portées à l’environnement et au trafic d’espèces sauvages.

Aussi, il s’agit d’intégrer des mesures de lutte contre la corruption dans les initiatives d’application de la loi tout en mettant en place de nouveaux permis CITES (Convention Internationale sur le Commerce des Espèces Sauvages en voie d’extinction) et réviser les systèmes de rapports pour lutter contre la contrefaçon et la falsification, et lutter contre le commerce en mettant l’accent sur la législation et les sanctions dissuasives.

Vers une législation plus dissuasive

Le commerce illégal des espèces protégées ne faiblit pas, conscient des dangers qui guettent la faune et la flore ivoirienne du fait de l’accroissement du trafic lié aux espèces sauvages, la Côte d’Ivoire entame sa révolution au niveau de la loi sur la faunique puisque l’actuelle loi N°65-255 du 4 août 1965 relative à la protection de la faune et à l’exercice de la chasse, s’élève à seulement un an de prison. Les 8 et 9 août, le Ministère des Eaux et Forêts a initié un atelier national d’analyse et de validation des textes sur l’avant-projet de loi relative à la faune. Avec ses partenaires, ils se sont planchés sur la révision de la loi obsolète de ladite loi.

L’éffectif des animaux sauvages a chuté de 60%

Si le projet de loi est adopté, un trafiquant de chimpanzé pourrait par exemple désormais être puni d’une peine d’emprisonnement allant de 10 à 20 ans et d’une amende de 10.000.000 à 100.000.000 francs CFA ou de l’une de deux peines, sans préjudice des dommages et intérêts, enfreint les dispositions de la présente loi et de ses textes d’application, concernant une espèce inscrite à l’annexe 1. Des peines qui correspondraient mieux à la hauteur des crimes fauniques selon les organisations de défenses des espèces protégées.

Elles espèrent de cette nouvelle loi, un moyen efficace pour réduire considérablement le trafic illégal des espèces protégées et par la même occasion mettre en mauvaise posture les trafiquants, mais surtout sauver le peu d’espèces protégées dont le pays regorge.  Les chimpanzés d’Afrique de l’Ouest sont parmi les plus menacés parmi la famille des grands singes. Et depuis 2016, ils sont classés en danger critique d’extinction par la CITES.

La Rédaction (source d’EAGLE-Côte d’Ivoire)

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