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Gouvernance forestière : les priorités de la FAO en Côte d’Ivoire

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La FAO entend appuyer davantage les projets liés à l’APV FLEGT afin d’améliorer la gouvernance forestière et sauvegarder les forêts ivoiriennes.

A l’occasion d’une mission à Abidjan fin juin 2018, Marc Vandenhaute, responsable du programme UE-FLEGT au siège de l’organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) à Rome en Italie a dévoilé les priorités de l’institution onusienne pour améliorer la gouvernance forestière en Côte d’Ivoire.

Il s’agit notamment de l’approvisionnement du marché national en bois pour les besoins nationaux (un secteur qui est beaucoup ravitaillé par le sciage à façon qui est illégal) et l’observation indépendante (OI) des forêts par la société civile. Deux domaines dans lesquels la FAO finance en ce moment plusieurs projets en Côte d’Ivoire.

Marc Vandenhaute, l’objectif est de pousser la filière domestique « vers le légal ». « Ce qu’on essaie de faire, c’est tout d’abord d’appuyer la filière domestique. On ne peut pas se concentrer uniquement sur ce [le bois] qui part à l’export », juge-t-il lors d’une visite de terrain le 27 juin 2018 dans la forêt classée de Yaya à Alépé où la Fondation pour les chimpanzés sauvages (WCF) mène une observation indépendante mandatée (OIM).

D’autre part, continuer à appuyer l’observation indépendante pour s’assurer que l’exploitation du bois par les opérateurs privés se fait dans le respect des lois et des règles de gestion durable des forêts. « Bien sûr, ça on estime que c’est fondamental l’observation indépendante », précise-t-il.

Marc Vandenhaute se réjouit que l’observation indépendante fasse aujourd’hui « partie de la politique forestière ». Il souligne que grâce à l’appui de la FAO, à travers des projets financés depuis 2014, « en quelques années, l’OI est une vraie réalité » en Côte d’Ivoire. Il souligne que la vigilance de la société civile et des communautés locales permet d’améliorer la gouvernance forestière.

« La Côte d’Ivoire a besoin de sauver ce qui reste des forêts et c’est une urgence d’accroitre la couverture forestière », pense-t-il avant d’ajouter : « la société civile a un rôle à jouer, un rôle de garant, de pouvoir mettre un peu de lumière, un peu de transparence ».

Pour Paul Gbanzai, directeur technique de la Société de développement des forêts (Sodefor), le regard de la société civile à travers l’observation indépendante est indispensable pour une gestion durable des forêts.

« Pour nous, à la Sodefor, il est important que d’autres acteurs puisent venir observer la mise en œuvre de nos plans d’aménagement pour voir ce qu’il faut améliorer, comment améliorer la gouvernance forestière et aussi comment réduire tout ce qui est fraude et améliorer la traçabilité de nos processus également pour évaluer chacun à son niveau et que nous puissions aller vers la gestion durable », fait-il valoir.

Il faut, estime-t-il, « faire en sorte que les rapports d’IOM servent à améliorer la confiance entre nous et nos partenaires ».

Lors de cette mission dont l’objectif était de suivre l’évolution des projets financés par la FAO en Côte d’Ivoire, Marc Vandenhaute a également échangé avec l’administration forestière, la société civile et participé à la réunion de coordination de projets liés à l’APV FLEGT.

Anderson Diédri

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