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La transition militaire au Mali affecte-t-elle la lutte contre le djihadisme ?

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Au moment où l’ancien ministre de la défense du Mali, Ban Ndaw, est nommé président de la transition, de nombreux observateurs se demandent si la situation politique précaire au Mali ne sera pas un terreau fertile à une nouvelle poussée islamiste.

La page est définitivement tournée en ce qui concerne l’ère Ibrahim Boubacar Keïta, poussé à la démission par des militaires. Ces derniers héritent d’un pays en proie aux attaques djihadistes dans le nord alors que les zones centrales sont marquées par des tensions et des violences intercommunautaires. Une cocotte-minute qui peut exploser à tout moment comme ce fut le cas après le coup d’Etat de 2012. Deux mois avant la fin du deuxième mandat d’Amadou Toumani Touré – qui lui-même a dirigé le putsch de 1991 contre le président Moussa Traoré –, un groupe de militaires de Kati le renverse. S’ouvre dans la nuit du 21 au 22 mars 2012 une descente aux enfers pour le Mali et la quasi partition du pays. Dans le nord, des groupes islamistes ont commencé à s’implanter et s’enraciner conduisant le pays dans le chaos.

Pour sans doute éviter le scénario de 2012 et se retrouver une fois de plus isolé [et livré aux groupes terroristes], les putschistes ont envoyé un message clair aux partenaires internationaux du Mali. Le colonel major Ismaël Wagué, porte-parole de la junte a insisté sur le fait que toutes ces organisations et tous ces pays qui ont déployé des milliers de soldats pour faire face à la crise sécuritaire qui dure depuis une décennie restent des partenaires du Mali dans sa quête pour une stabilité socio-politique et militaire. Pour rappelle la force de maintien de la paix des Nations unies au Mali (MINUSMA), la force antiterroriste française (Barkhane), les troupes des pays sahéliens alliés (G 5 Sahel) et une nouvelle opération des forces spéciales européennes sont présentes au Mali. Le gel de leurs actions serait catastrophique pour le pays.

Une indispensable collaboration

Militaires Mauritaniens du G5 Sahel (photo CC)

La collaboration entre les leaders de la transition au Mali et les forces internationales est indispensable pour maintenir la pression sur les groupes djihadistes qui continuent de semer tristesse et désolation. Le bilan humain de la lutte contre le terrorisme ne cesse de grimper. A titre d’exemple, l’ONU déplore l’une de ces opérations de maintien de la paix la plus coûteuse en vies humaine. Au 31 décembre 2019, le bilan du déploiement des Nations Unies dans le pays est de 128 victimes d’actes hostiles, 29 auteurs présumés ont été identifiés et 14 personnes détenues pour ces crimes. Selon un bilan dressé par Eburnie Today sur la base de coupure de presse et de points établis par les forces opérationnelle au Mali, par moins de 185 personnes ont perdu la vie dans les attaques terroristes majeurs entre le 26 janvier 2013 (attaque MUJAO Gao) et le 22 juillet 2019 (attaque Kamikaze VBIED Gao).

Pour les organisations et pays engagés au Mali, l’idée de quitter le pays n’est pas à l’ordre du jour même pour la France qui a fait l’objet de manifestation d’hostilité. D’ailleurs, la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) prévient qu’un relâchement dans la lutte contre le djihadisme pourrait conduire à une situation chaotique. La gangrène djihadiste au départ du Mali a contaminé plusieurs autres pays du bloc régional notamment le Burkina Faso et le Niger. Dans ces pays le bilan humain du djihadisme est tout aussi lourd. Si la communauté internationale reste convaincue de la nécessité de soutenir le Mali, elle reste tout aussi ferme sur sa volonté de constater un retour rapide à l’ordre constitutionnel.

Ebony T. Christian, Anderson Diédri & Traoré Bakhary

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