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Le CASE plaide pour l’interdiction des amalgames dentaires

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Célébrée le 13 octobre depuis 2014, la journée africaine pour une dentisterie sans mercure, qui est à sa 4ème édition, a été marquée ce lundi 16 octobre 2017 par un appel aux autorités ivoiriennes et africaines : réviser le cadre réglementaire afin d’interdire l’amalgame dentaire.

Le mercure est une source de pollution de l’environnement et un danger pour la santé. L’exposition a ce perturbateur endocrinien peut entrainer plusieurs pathologies : alzaïmer, fausses couches, accouchements prématurés, retard de croissance chez les enfants, autisme et baisse du quotient intellectuel… Le risque est plus élevé chez les enfants et les femmes enceintes mais aussi et surtout chez ceux qui utilisent le mercure comme le personnel dans les officines dentaires.

En effet, l’amalgame utilisé pour les soins dentaires contient du mercure. Des mesures effectuées dans plusieurs cabinets dentaires cette année à Abidjan montrent de fortes concentrations de mercure dans l’air dans ces officines, allant de 250 à 4 636 nanogrammes de mercure par mètre cube (ng/m3), alors que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) recommande de ne pas dépasser 1000 ng/m3.

Engagé depuis plusieurs années dans la sensibilisation des dentistes, des populations et des décideurs sur les effets néfastes de l’amalgame dentaire, le Centre africain pour la santé environnementale (CASE) veut « faire de l’amalgame un passé ». Son président plaide pour l’interdiction du mercure dans la dentisterie. A commencer par l’interdiction de l’usage des amalgames dentaires chez les enfants, les femmes enceintes et les femmes qui allaitent. La Côte d’Ivoire, qui a signé la Convention de Minamata sur le mercure adoptée en 2013 mais qui le l’a pas encore ratifié, est invitée à faire un pas en avant.

« Que des textes de lois soient pris pour déjà interdire l’usage des amalgames dentaires chez les populations vulnérables. Ce serait un plus pour nous, ce serait montrer la volonté de l’Etat à faire un peu plus dans le processus de ratification et de mise en œuvre de la convention de Minamata sur le mercure », exhorte Dominique Bally Kpokro.

Le gouvernement pourrait s’engouffre dans une brèche : les professionnels de santé ont déjà pris de l’avance. Puisque, observe le Dr Florent Kouakou, si les amalgames étaient préférentiellement utilisés à 82% pour les dents postérieures en 2017, une étude réalisée cette année montre que ce chiffre a baissé à 28%, quand les alternatives sont utilisées à 65%.

« La transition est en train de se faire », explique ce dentiste. « Il y a des alternatives qui sont là, il faut évoluer », estime-t-il.

Les alternatives sont les matériaux de substitutions aux amalgames dentaires. Ces matériaux alternatifs sont notamment la résine de verre composite, le ciment vert ionomère (CVI), le Compomère, la céramique.

Depuis 2014, les organisations de la société civile en Afrique sont en croisade pour l’élimination du mercure dans la dentisterie. Un plan d’Abidjan a été adopté en avril 2015. Si certains Etats africains ont ratifié de Convention de Minamata sur le mercure, d’autres – comme la Côte d’Ivoire – traînent encore les pas. Et la célébration de cette 4ème journée est axée sur la sensibilisation et le plaidoyer pour une Afrique sans amalgame dentaire. L’Union Européenne a interdit les amalgames depuis le 13 octobre 2016 et cette mesure rentrera en vigueur à partir du 1er juillet 2018. Les pays africains doivent être vigilants afin que les doses d’amalgame déjà disponibles n’atterrissent pas sur le continent. Une réglementation plus stricte s’impose.

« Il est important pour nous de tirer la sonnette d’alarme pour que dès à présent nous prenions des mesures », prévient Dominique Bally.

Anderson Diédri

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