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Le PDCI demande le report de l’élection présidentielle

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Le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), force d’opposition dominante en Côte d’Ivoire, a appelé jeudi à un report des élections présidentielles d’octobre afin de mettre en place « une commission électorale crédible ».

Le parti dirigé par l’ex-président ivoirien Henri Konan Bédié a déclaré que sa requête pour un report était soutenue par un arrêt rendu la semaine dernière par la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples, qui a déclaré que les Commissions électorales locales étaient déséquilibrées. Les commissions électorales locales en Côte d’Ivoire sont des démembrements de la Commission électorale indépendante (CEI). Le régime de M. Ouattara interprète différemment la décision de la Cour, arguant qu’elle justifie l’indépendance et l’équité de la CEI.

Pourtant la grande majorité des 558 commissions locales sont présidées par le RHDP du président Alassane Ouattara, selon des chiffres officiels. Le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), parti d’opposition, qui avait demandé la décision de la Cour, a déclaré que le prochain vote, prévu le 31 octobre, devait être reporté. « Pour la paix, la stabilité et la crédibilité du processus électoral, si nous devons repousser un peu la date, nous ne verrons aucun inconvénient. L’essentiel est que nous garantissions un vote crédible », a déclaré Jean-Louis Billon, porte-parole du PDCI. Le retard « ne devrait pas durer plus de 12 mois », a-t-il précisé.

Les élections présidentielles de 2020 devraient être tendues après des années de turbulences politiques. En 2011, M. Ouattara, à la tête d’une force rebelle basée dans le nord du pays à majorité musulmane, a évincé le président de l’époque, Laurent Gbagbo, qui avait refusé de quitter ses fonctions après avoir perdu des élections longtemps reportées. L’impasse qui a duré des mois a fait environ 3 000 morts et a creusé une division à travers le pays.

Le RHDP se cherche un nouveau candidat après le décès soudain ce mois-ci du Premier ministre Amadou Gon Coulibaly, une figure populaire, successeur oint de M. Ouattara. Sa mort a suscité des spéculations sur le fait que M. Ouattara pourrait opter pour un troisième mandat si son parti, le RHDP, ne parvient pas à se mettre d’accord sur un autre candidat.

Cette décision pourrait donner lieu à des accusations d’attitude antidémocratique puisque l’actuel président ivoirien a déjà fait deux mandats. En mars, M. Ouattara a décidé de ne pas solliciter un troisième mandat, mais il a déjà fait valoir que le changement constitutionnel avait remis son compteur à zéro, ce qui lui a permis de le faire.

Le nombre de candidats est en nette augmentation. L’ancien ministre des affaires étrangères Marcel Amon-Tanoh ayant annoncé mercredi qu’il se présenterait aux élections, sans toutefois dire s’il avait le soutien d’un parti. Le PDCI devrait officiellement choisir le chef du parti Henri Konan Bedié, ancien chef de l’Etat, comme candidat lors de sa convention qui débute samedi.

Un autre parti d’opposition, le Front populaire ivoirien (FPI), est divisé en l’absence de son chef historique Laurent Gbagbo et n’a pas encore désigné son champion. L’ancien chef rebelle et ex-premier ministre Guillaume Soro est aussi candidat mais il vit en exil en France. Il a été condamné par contumace à une peine de 20 ans de prison en Côte d’Ivoire pour tentative d’insurrection.

Ebony T. Christian

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