L'actualité ivoirienne sans coloration politique

Les principaux candidats à la présidentielle du 31 octobre en Côte d’Ivoire

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Dix ans après une crise post-électorale qui a fait plus de 3.000 morts, les ivoiriens seront appelés aux urnes pour choisir celui qui dirigera leur pays pendant les cinq prochaines années. Plusieurs personnalités politiques se signalent déjà pour la course à la présidentielle dont les candidatures seront closes le 31 août 2020.

Guillaume Soro : l’exil ne freine pas les ambitions
Guillaume Soro (photo CC)

Le premier homme politique à avoir décidé de lancer dans la course à la présidentielle est l’ex-chef rebelle Guillaume Soro. A 47 ans, il s’est déclaré candidat en octobre 2019 et malgré sa condamnation par la justice ivoirienne à 20 ans de prison et la privation de ses droits civiques pour tentative d’insurrection ; il ne jette pas l’éponge. En exil en France il ne peut théoriquement pas se présenter. Ancien allié du président Alassane Ouattara, qu’il a aidé militairement à accéder au pouvoir pendant la crise post-électorale de 2010-11, il était devenu Premier ministre, puis président de l’Assemblée nationale, avant de rompre avec le chef de l’Etat début 2019. Baptisé le Che ou Bogota lors de ses années de syndicalisme à la FESCI, Guillaume Soro se présente aujourd’hui comme l’un des fervents opposants au régime d’Alassane Ouattara.

L’âge et l’expérience font la force du Sphinx
Henri Konan Bédié (photo CC)

Henri Konan Bédié sera encore une fois le porte-étendard du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) qui est aujourd’hui la principale formation d’opposition. L’ancien chef d’Etat ivoirien de 1993 à 1999 est âgé de 86 ans, un âge d’or politique selon ses partisans qui ne le considèrent pas comme un handicap mais un atout. Henri Konan Bédié et Alassane Ouattara se sont brouillés sur la question du parti unifié et l’alternance PDCI-RDR au sein du RHDP en 2018. 20 ans après avoir perdu le pouvoir à la suite d’un coup d’Etat, le Sphinx de Daoukro qui qui était arrivé troisième de la présidentielle de 2010 derrière Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara va sans nul doute livrer son dernier combat politique.

Amon Tanoh : partir pour être un trait d’union
Marcel Amon Tanoh
Amon Tanoh candidat à la présidentielle d’octobre 2020 (Twitter)

L’ex-ministre des Affaires étrangères Marcel Amon Tanoh s’est déclaré candidat à la présidentielle d’octobre en Côte d’Ivoire. Il s’agit d’une candidature dissidente du parti au pouvoir (RHDP) qui était pressentie depuis sa démission du gouvernement en mars. A 68 ans, l’ancien proche du président Alassane Ouattara dont il a été le directeur de cabinet lors de son premier mandat « veux être le trait d’union entre l’Etat et le Peuple, entre le respect de nos traditions et notre désir de modernité » a-t-il affirmé lors de l’annonce officielle de sa candidature. Marcel Amon Tanoh espérait être désigné par le Rassemblement des Houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP) pour briguer la succession du président sortant lors de la prochaine présidentielle. Cependant, Amadou Gon Coulibaly lui a été préféré. Ce dernier va rendre l’âme ouvrant la voie à la quête d’une nouvelle candidature au sein du RHDP.

Alassane Ouattara et le volt face historique
Alassane Ouattara (photo CC)

Après la mort brusque de son dauphin désigné, le Premier ministre Amadou Gon Coulibaly, Alassane Ouattara est pressé par son entourage de se présenter à la prochaine élection présidentielle. Lors d’une rencontre de son parti, il promet sa réponse pour le jour de l’indépendance. Sans grande surprise, Alassane Ouattara (78 ans) confirme être en lice à sa propre succession. Il avait pourtant promis de passer la main à une jeune génération. Sa candidature pour un troisième mandat est contestée par l’opposition, des membres de la société civile et des activistes. Ces derniers estiment que la constitution ivoirienne n’autorise que deux mandats. Mais les partisans d’Alassane Ouattara estiment que l’adoption de la nouvelle loi fondamentale en 2016 a remis le compteur des mandats à zéro pour leur leader.

Le FPI choisit Affi N’guessan
Pascal Affi N’guessan (photo CC)

Depuis le transfèrement de Laurent Gbagbo à la Cour pénale internationale (CPI), Front populaire ivoirien (FPI) est ‘partagé’ entre deux tendances. D’un côté ceux qui se font appeler les Gbagbo ou Rien (GOR) – considérés comme des radicaux – qui réclament le retour de leur leader comme candidat à la présidentielle. De l’autre, ceux qu’on qualifie d’AFFIdés – considérés comme les modérés – et fidèles à la direction du FPI portée par Pascal Affi N’guessan. Cette deuxième tendance est celle qui est reconnue par les autorités ivoiriennes. A 67 ans, l’ancien Premier ministre, arrivé deuxième de la présidentielle de 2015 avec 9,29% des voix, est donc candidat de la faction du FPI qu’il dirige.

Mabri et l’UDPCI quittent le RHDP
Abdallah Albert Mabri Toikeusse (photo CC)

L’Union pour la démocratie et la paix en Côte d’Ivoire (UDPCI) aura finalement son candidat en la personne de l’ex-ministre de l’Enseignement supérieur. Abdallah Albert Mabri Toikeusse âgé de 58 ans a quitté le gouvernement le 13 mai. Comme plusieurs autres cadres de premier rang du RHDP, il s’opposait à la désignation d’Amadou Gon Coulibaly comme candidat de la coalition au pouvoir. M. Mabri avait obtenu 2,57% des voix à la présidentielle de 2010 et son départ du RHDP laisse le RDR isolé au sein d’une coalition vidée de l’essentiel de ses membres.

La rédaction

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