L'actualité ivoirienne sans coloration politique

L’opposition ivoirienne va-t-elle boycotter la présidentielle ?

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Alors que la campagne électorale pour la présidentielle du 31 Octobre 2020 s’ouvre officiellement jeudi, les principaux partis de l’opposition ivoirienne ne se sont pas rendus au siège de la Commission électorale indépendante (CEI) pour le retrait des spécimens des bulletins de vote.

L’opposition ivoirienne conteste depuis le début du processus électoral l’impartialité de la CEI et du Conseil constitutionnel. Le non retrait par les candidats des spécimens laisse planer le doute sur un boycott du scrutin à quelques semaines du vote. L’opposition qui a suspendu sa participation aux activités de la CEI a dénoncé la semaine dernière – lors d’un grand meeting à Abidjan – un processus électoral biaisé. Les spécimens des bulletins de vote sont des supports importants pour la campagne électorale. En effet, la Côte d’Ivoire utilise le système du bulletin unique avec le nom et la photo de tous les candidats sur le même bulletin. L’électeur pour effectuer son choix coche la case en dessous de son candidat.

Dans un pays avec un taux d’analphabétisme encore élevé, les spécimens servent aussi d’outil de formation au vote pour les militants. « La loi fait obligation à la CEI de délivrer dix milles spécimens de bulletins de vote et 100.000 affiches aux quatre candidats en lice pour la présidentielle » précise Inza Kigbafori, le responsable de la communication de la CEI. Bien que le retrait des spécimens ne soit pas indispensable pour participer à l’élection, l’opposition en ne se rendant pas à la Commission électorale indépendante pour les retirer semble se radicaliser dans son mouvement de contestation.

Le Front populaire ivoirien (FPI) tendance Pascal Affi N’Guessan, a déjà appelé mercredi ses militants à ne pas retirer les cartes d’électeurs. Pour le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) « la CEI n’existe plus en tant qu’organe compétent chargé de l’organisation de la présidentielle » a martelé Maurice Kakou Guikahué, numéro deux du parti. De nombreux ivoiriens ne cachent pas leur peur à mesure qu’approche à grands pas le 31 Octobre. La crainte de violences reste forte et dix ans après la crise post-électorale née de la présidentielle de 2010 qui avait fait 3.000 morts, le spectre de nouvelles élections marquées par un bain de sang plane de nouveau.

La Côte d’Ivoire a littéralement basculé dans la violence à l’annonce par le Conseil constitutionnel de la candidature du président Ouattara à un troisième mandat. Une quinzaine de personnes sont mortes en août. « Les représentants » de MM. Bédié et Affi N’Guessan « ne se sont toujours pas présentés » pour retirer les spécimens, a précisé Inza Kigbafori, mais « ils peuvent toujours venir les chercher » a commenté le responsable de la communication de la CEI. Mais avec l’appel de l’opposition à la désobéissance civile, il est sans doute improbable que les partis de l’opposition se déplacent au siège de la commission.

La rédaction

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