L'actualité ivoirienne sans coloration politique

L’UE démonte le régime Ouattara

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Le régime Ouattara est littéralement démystifié dans le dernier rapport de l’Union Européenne. La mauvaise gestion d’un clan familiale à la tête de la Côte d’Ivoire est dénoncée sans aucune retenue.

L’Union européenne s’inquiète de la situation socio-politique et économique de la Côte d’Ivoire. Dans son rapport, elle dénonce les dérives autoritaires du pouvoir Ouattara, la corruption érigée en mode de gouvernance, les restrictions des libertés politiques et les entraves à la liberté d’expression. Loin d’être un pays qui rassure, la Côte d’Ivoire – au-delà du discours flatteur d’Alassane Ouattara et de son clan politique – est un pays qui inquiète l’un de ses principaux partenaires. L’UE est un partenaire clé de la Côte d’Ivoire avec un appui qui se chiffre à 273 millions d’euros pour la période 2014-2020.

L’Union européenne s’inquiète notamment du paradoxe économique ivoirien. La Côte d’Ivoire qui affiche depuis 2011 un taux de croissance de 8% par an en moyenne est crédité d’un taux de pauvreté record de 46% en 2015, un chiffre largement supérieur à celui qu’affichait le pays au lendemain de son indépendance.

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La richesse est très mal redistribuée, la corruption gangrène plusieurs secteurs économiques favorisant des flagrantes inégalités sociales, sans oublier la promotion du clientélisme et la gestion clanique du pouvoir par un cercle familial qui a la main mise sur des pans entiers de l’économie ivoirienne.

« La Côte d’Ivoire affiche l’image rassurante d’une stabilité retrouvée, portée par des taux de croissance élevés ». Cependant, « les indicateurs sociaux stagnent » si bien que « la population s’interroge de plus en plus ouvertement sur cette croissance qui ne lui semble pas ou peu bénéfique » s’inquiètent les ambassadeurs de l’UE dans ce rapport commun rédigé début juillet.

Il y a un véritable contraste entre l’embelli économique ivoirienne et la crise socio-politique que vit le pays. Les ivoiriens vivent des difficultés économiques qui les obligent à interpeler le régime mais « face à ces difficultés, les autorités se montrent hermétiques aux critiques internes et externes, et semblent désireuses de ne laisser aucun lieu de pouvoir leur échapper », selon le texte.

Un RHDP sans le PDCI

La frustration quotidienne des ivoiriennes inondent les médias sociaux, dans un pays où les médias d’Etat restent contrôlés par le parti au pouvoir. Les ivoiriens se disent oublier là où une nouvelle bourgeoisie affiche une richesse amassée en moins de 10 ans sous fond de scandales de corruption de passation de marché de gré à gré.

Les tensions politiques

Le climat politique en Côte d’Ivoire n’est pas aussi de nature à rassurer indique l’Union Européenne dans son dernier rapport. La situation est de plus en plus tendue depuis l’instauration d’un parti unifié à la tête du pays. Un projet politique d’Alassane Ouattara boudé par le PDCI. Cette fronde du vieux parti a conduit à une guerre ouverte entre les anciens alliés du RDR et PDCI. Cette confrontation est désormais ouverte, conduisant à un harcèlement politique des cadres du PDCI restés fidèle à leur parti.

La coalition du RHDP devient un parti politique

Les ivoiriens se rendent compte que le RHDP (Rassemblement des Houphouétistes) « annoncé comme la solution à l’instabilité passée » est de plus en plus vu « comme une manière pour la coalition au pouvoir de s’assurer une réélection systématique ». Dans ce contexte « les éventuels mouvements d’opposition » seront relégués « à la périphérie du jeu politique ». Alassane Ouattara ne pense aucunement à une alternative politique : sa véritable ambition est de se maintenir au pouvoir par des calculs politiques malsains, la restriction des libertés et l’enrichissement d’une poignée de fidèle à sa solde.

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Les guéguerres politiques ajoutés au contexte socio-économique délétère ne rassurent pas à l’approche des élections de 2020 d’où l’appel au dialogue demandé par l’Union européenne. Les Chefs de Mission de l’UE indiquent dans le rapport que le constat qu’ils dressent doit inciter l’Union « à une réflexion sur le soutien de l’UE à la Côte d’Ivoire ». Ce rapport à charge tombe à un moment où une véritable chasse aux sorcières est organisée contre les cadres ivoiriens de tout bord politique qui s’opposition au projet de parti unifié.

Ebony T. Christian

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