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Premier colloque de l’Académie de lutte contre le terrorisme

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Les lundi 20 et mardi 21 novembre, plusieurs experts africains et européens se sont réunis à Abidjan. Au cœur des échanges, les politiques et orientations à mettre en place pour une meilleure efficacité de l’Académie internationale de lutte contre le terrorisme (AILCT) et de façon globale pour la lutte contre le terrorisme.

L’Académie internationale de lutte contre le terrorisme a été officiellement lancée le 18 Octobre dernier à Jacqueville, une localité située dans le sud de la Côte d’Ivoire. L’AILCT grâce à sa formation à destination des magistrats, des policiers, des gendarmes et militaires permettra d’anticiper sur une menace qui déstabilise l’Afrique et le Monde. Les premiers bâtiments de l’académie seront livrés en 2019 mais cela n’empêche en rien la réflexion prospective et stratégique sur ses activités et même l’anticipation éducation-formation. C’est ce qui justifie son premier colloque autour du thème « Lutter contre le terrorisme aujourd’hui, réflexion, action, coordination« .

« L’Académie, dont le continent a besoin (…) c’est le temps d’avance » sur le terrorisme, a estimé l’ambassadeur de France Gilles Huberson à l’ouverture du colloque.

Si l’académie n’a pas encore ses murs et son théâtre d’entrainement opérationnel, elle peut d’ores et déjà former et informer, a souligné l’ambassadeur. Ce premier colloque a été un cadre de partage d’expérience animé principalement par le procureur François Molins (anti-terrorisme) et le vice-amiral Laurent Isnard, commandant les opérations spéciales françaises. Ces derniers ont tenté de répondre aux principales préoccupations que suscite la question du terrorisme dans la sous-région ouest-africaine. Comment coordonner la lutte antiterroriste ? Par quels canaux partager l’information ? Comment anticiper l’action des groupes djihadistes ? Comment enquêter et poursuivre ?

Lancement de l’Académie Internationale de lutte contre le terrorisme

« On n’a pas toujours les instruments et le savoir-faire. Donc il fallait très rapidement se donner des outils pour que nos pays soient à même de faire face à cette menace » indique le ministre ivoirien de la défense Hamed Bakayoko.

Concernant le lot de bonnes pratiques partagées lors de ce colloque, le ministre ivoirien de la défense a évoqué l’importance de bien débuter et conduire par la suite les enquêtes citant l’exemple de l’attentat de Grand Bassam du mars 2016. L’enquête avait débouché sur des arrestations non seulement en Côte d’Ivoire mais aussi au Burkina Faso, au Mali et au Sénégal. Hamed Bakayoko a aussi insisté sur le « partage d’informations » qui se développe entre les pays et qui doit se poursuivre à tous les niveaux.

« Les services de renseignement se parlent, les politique se parlent mais la question est de savoir si la menace est cernée dans toute sa globalité » préconise pour sa part Lassina Diarra.

Le chercheur ivoirien, spécialiste du jihadisme souligne qu’il est import de dépasser la dimension d’activité criminelle que revêt le terrorisme pour s’attaquer à « l’idéologie jihadiste ». L’Académie internationale de lutte contre le terrorisme (AILCT) est une initiative née lors du sommet UE-Afrique en 2017. Son coût a été chiffré à environ 20 millions d’euros et a pour but de partager l’ensemble du spectre des capacités de lutte antiterroriste. L’AILCT sera composée d’une école de formation des cadres ainsi qu’un camp d’entraînement, tous deux orientés sur l’anti-terrorisme.

Anderson Diédri

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