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Tentative de corruption lors de la révision de la liste électorale à Treichville

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Des incidents ont émaillé l’opération d’enrôlement. C’est le constat fait par la POECI lors d’une conférence de presse à son siège à Cocody-Angré ce mardi 3 juillet 2018.

L’opération de révision de la liste électorale, qui s’est déroulée du 18 au 24 juin, a été émaillée de quelques incidents qui « ne remettent pas en cause la crédibilité du processus ». A Abidjan, la Plateforme des organisations de la société civile pour l’observation des élections en Côte d’Ivoire (POECI) déplore une tentative de corruption.

« La POECI a également observé une tentative de corruption à l’inscription sur la liste électorale au niveau de Treichville. En effet, le président de la CEI locale aurait donné instructions à tous les centres d’enrôlement de sa commune d’établir de façon journalière une liste de requérants/requérantes avec leurs contacts qu’il collecte en fin de journée », a indiqué la porte-parole de la POECI Dr Marie Paule Kodjo dans une déclaration. L’organisation juge que cette attitude « tend à discréditer la CEI et brise sa relation de confiance avec les populations ».

La révision des listes électorales ‘entachée d’irrégularités’

La POECI, qui a déployé des observateurs dans 120 centres d’enrôlement à travers le pays, s’inquiète aussi du convoyage massif d’électeurs par les acteurs politiques notamment au Plateau, Port-Bouët, Bongouanou, Gbéléban, Séguélon, Danané et Taabo. « Le convoyage, on l’a dénoncé mais les gens continuent toujours. Cette année, c’était encore plus grave qu’en 2016. Chacun s’est mis à la danse. Donc pour nous, il faut trouver une solution », interpelle Bamba Sindou, coordonnateur général de la POECI. La plateforme recommande la réforme du code électoral afin d’introduire des sanctions contre ceux qui organisent le convoyage des électeurs, une pratique qui « fausse » le jeu politique.

La POECI et le Réseau ivoirien des jeunes leaders pour l’intégrité (RIJLI) avaient appelé à l’inscription massive – notamment des jeunes – sur la liste électorale. La plateforme attend les résultats consolidés de la Commission électorale indépendante (CEI) pour apprécier l’impact de cette campagne de sensibilisation. En outre, le RIJLI prévoit un focus group dans les localités où le taux d’enrôlement sera faible afin de comprendre les raisons profondes de la désaffection des jeunes.

D’ores et déjà, les chiffres provisoires publiés par la CEI indiquent que 428 233 nouvelles personnes se sont inscrites sur la liste électorale. La POECI explique cette faible mobilisation par les difficultés administratives et logistiques – manque de cartes d’identité, d’attestation d’identité, de certificat de nationalité et leur coûts jugés élevés, l’insuffisance de formulaire d’enrôlement et le dysfonctionnement des tablettes dans certaines localités – et l’« appel au boycott des opérations de révision de la liste électorale […] lancé par une frange de l’opposition politique ».

Près de 500 milles nouveaux inscrits sur les listes électorales

D’autres facteurs expliquent aussi le peu d’intérêt des populations pour l’opération d’enrôlement. « Il y a la déception des jeunes (…) Il y a tellement de promesses que les gens font en période de campagne. Après les campagnes, il y a les élus qui ne réapparaissent que lorsque les 5 ans arrivent. Donc les gens sont déçus. Et Il y a aussi les questions de violence auxquelles les populations ont été confrontées à un moment donné », analyse Bamba Sindou : « Il y aussi qu’il faut que les acteurs politiques changent leurs méthodes, de discours et leurs attitudes sur le terrain une fois élu ; ce sont des différents facteurs qui découragent les populations ».

En plus de la sensibilisation à accentuer, la POECI préconise que tous ces obstacles et dysfonctionnements soient levés pour favoriser l’inscription massive sur la liste électorale.

Anderson Diédri

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