Quel avenir pour les relations Afrique-Europe ?

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La Fondation Friedrich Naumann pour la liberté a organisé ce 04 août 2022 un Forum libéral de dialogue politique. Autour de la question « Afrique-Europe : avenir commun ? », les participants ont échangé sur la nécessité de maintenir un partenariat entre les deux continents face aux nouvelles donnes géopolitiques et économiques.

La liberté, celle de communiquer ses idées et opinions est un principe fondamental du libéralisme. De ce principe nait la volonté de la Fondation Friedrich Naumann d’œuvrer à la promotion d’un dialogue politique permanent entre acteurs de différents horizons. L’idée est de réfléchir sur les sujets et enjeux qui peuvent contribuer à l’instauration de l’Etat de droit, la promotion des droits de l’homme et une coopération internationale bénéfique aux différentes Nations. Cette vision de la Fondation Friedrich Naumann a été réaffirmée par Jo Holden, directeur Afrique de l’ouest de l’organisation.

A l’ouverture du forum, il a rappelé l’attachement de la Fondation à la promotion du dialogue politique à l’échelle des pays où elle intervient mais aussi entre différents pays à l’heure où les défis sécuritaires, économiques et politiques ne sont plus analysés de façon individuelle mais à l’échelle mondiale. Crise économique, retour de la guerre en Europe, terrorisme et migration…autant de sujets qui appellent à une réflexion commune entre l’Afrique et l’Europe, deux continents liés à une histoire commune. Ingo Herbert, Ambassadeur d’Allemagne en Côte d’Ivoire a rappelé que cette histoire commune a été très mouvementée au fil des années, de la conférence de Berlin à l’indépendance des pays africains.

Ce passé commun peut-il prédire un avenir commun ? « Oui » selon le diplomate allemand qui a insisté sur la nécessité d’une coopération plus accrue entre l’Afrique et l’Europe pour faire face à de nombreux défis. La montée du terrorisme dans la bande sahélienne, les accords de coopération économique, la migration irrégulière, la gestion de l’héritage colonial et le renforcement de la coopération militaire sont autant de points qui méritent un cadre d’échange constant a souligné Joséphine Charlotte Mayuma Kala, représentante spéciale du président de la Commission l’Union Africaine en Côte d’Ivoire.

Une coopération décomplexée et repensée

Lorsque dans son allocution Baptiste Heintz-Macias, conseiller des français de Côte d’Ivoire et du Libéria, parle des enjeux d’une relation repensée et décomplexée entre l’Afrique et l’Europe, il tire avant l’heure une conclusion des thèmes des différents panels organisés tout au long de la journée. Les panélistes ont tous rappelé la nécessité de tirer des leçons des échecs du passé pour repenser le futur des relations entre l’Afrique et l’Europe.

« L’Europe a certainement commis des erreurs dans sa relation avec l’Afrique. On a mené des actions à différentes échelles. On doit éviter de retomber dans les fautes à l’avenir, et j’espère qu’on pourra regagner le cœur des Africains par nos valeurs, pour un avenir commun » a souligné le député Allemand, Dr Christoph Hoffmann.

L’Afrique fait aujourd’hui office de partenaire stratégique dans un monde qui semble retourner à l’ère des blocs. La guerre en Ukraine redessine ou marque d’avantage les frontières des coalitions géopolitiques mondiales. Certes il ne s’agit pas d’un retour à la guerre froide mais l’on assiste à la naissance de nouvelles alliances.

« Le positionnement de la fédération de Russie qui se rapproche de la Chine, de l’autre côté les Etats-Unis et les alliés traditionnels à travers l’Union européenne et l’OTAN font que nous rentrons progressivement dans un monde qui, qu’on le veuille ou non sera à nouveau bipolaire », a indiqué le directeur du centre de recherche politique d’Abidjan, Dr Flan Moquet César.

Le politologue ivoirien a expliqué que le choix de l’Union africaine est celui d’un bloc non aligné de sorte à ne pas avoir d’ennemis dans ce qui serait juste de qualifier de confrontation. Cependant, la coopération existante entre l’Afrique et l’Europe à travers différents accords peut favoriser un meilleur partenariat dans le futur. Reste aux acteurs des deux continents de tirer des leçons des échecs du passé pour repenser le futur de la coopération Afrique-Europe.

La rédaction

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