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Amadé Ouérémi : « Dieu même sait que je n’ai pas fait ça »

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L’ex-chef de milice Amadé Ouérémi, après une longue période de détention (plus de sept ans), a été présenté au juge mercredi. Il fait face à des charges de meurtres, d’assassinats, de crimes de guerre, de génocide, de tribalisme, de vol en réunion et de viols. La liste des charges égrainées par l’accusation est bien plus longue.

Tous ces crimes attribués à Amadé Ouérémi auraient été commis sur des populations civiles dans la localité de Duékoué dans l’ouest de la Côte d’Ivoire durant la crise post-électorale fin 2010 début 2011. Le ressortissant burkinabé âgé de 57 ans qui a été pendant longtemps présenté comme l’homme fort de la forêt classée du Mont Péko s’est fait connaître des ivoiriens en qualité de supplétif des Forces Républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI). C’est d’ailleurs sous cette casquette qu’il a décidé de plaider, refusant d’endosser la responsabilité des événements dit « du massacre de Duékoué » qui ont fait 817 morts selon la Croix Rouge.

« Dieu même sait que je n’ai pas fait ça » a plaidé Amadé Ouérémi soutenant qu’il était à Bagouho, village limitrophe du parc national du Mont Péko situé entre les préfectures de Bangolo et Duékoué. Il serait arrivé à Duékoué au lendemain des tueries du 28 au 29 mars 2011. L’accusé s’est présenté comme « un simple élément » qui agissait sous les ordres du commandant Losseni Fofana. « C’est lui qui a donné l’ordre d’aller chasser tous les miliciens de Duékoué », a-t-il expliqué au Tribunal. Si Amadé Ouérémi a agit sur les instructions de la hiérarchie des FRCI – du moins au plan local (secteur Ouest de Forces Nouvelles) – il est évident que d’autres voix dans la hiérarchie actuelle de l’armée ivoirienne seront entendues. Pour la défense c’est une obligation.

Me Roseline Aka, l’avocate d’Amadé Ouérémi (photo DR)

« Pour la nécessité de l’éclatement de la vérité, nous exigerons la comparution de toutes les personnes qu’il faut » a souligné Me Roseline Aka, l’avocate d’Amadé Ouérémi. Elle a indiqué que les 24 charges retenues contre son client ressemblent plus à de l’acharnement. « Il est juste accusé, mais pas encore déclaré coupable. Je suis en train de chercher à réunir tous les moyens pour le défendre. Si les moyens sont bons, c’est possible qu’il soit relaxé » espère l’avocate. Après l’arrestation d’Amadé Ouérémi en mai 2013 par l’armée ivoirienne, l’opposition et la société civile ont exigé son procès afin que toute la lumière soit faite sur les événements de Duékoué. L’Observatoire Ivoirien des Droit de l’Homme (OIDH) a félicité le gouvernement ivoirien « pour l’ouverture de ce procès mais déplore le traitement accordé aux victimes venues témoigner ».

« Elles ne sont pas suffisamment informées et ne bénéficient d’aucune garantie de protection apparente. Pour preuve elles ont été appelées à comparaître devant le public et en présence de l’accusé Amadé Ouérémi lui-même » s’est inquiétée l’ONG de défense des droits de l’homme.

Anderson Diédri

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