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Grève des enseignants : les étudiants entrent dans la danse

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Six semaines après le début de la grève des enseignants, les étudiants ont décidé d’organiser une marche pacifique nationale pour réclamer la reprise des cours.

Tôt ce matin des coups de sifflet se sont fait entendre sur le campus d’Abidjan-Cocody lors d’un rassemblement des étudiants au Stade de l’université (Forum). Les différents syndicats d’étudiants ont décidé de battre le pavé sur appel de la Fédération estudiantine et scolaire de Côte d’Ivoire (FESCI). La FESCI a demandé lundi « la libération » des professeurs d’universités écroués à la MACA appelant les étudiants à une manifestation d’envergure nationale mardi.

Cette mobilisation estudiantine fait suite à l’appel vendredi des fonctionnaires ivoiriens qui avaient exigé « la libération immédiate » de Johnson Zamina Kouassi, secrétaire général et porte-parole de la Coordination nationale des enseignants-chercheurs (CNEC), premier syndicat des professeurs d’universités publiques de Côte d’Ivoire, écroué depuis près d’une semaine pour « troubles à l’ordre public ».

La FESCI qui lance l’Opération colombe acte 2 précise qu’elle concerne toutes les universités d’Abidjan, l’Université Lorougnon Guedé de Daloa, l’Université Alassane Ouattara de Bouaké et l’Université Peleforo Gon de Korhogo.

« Vu la rupture du dialogue annoncé entre les ministères de tutelle et les syndicats d’enseignants », la Fédération estudiantine et scolaire de Côte d’Ivoire (FESCI) demande la « libération des enseignants et étudiants incarcérés, pour faciliter le dénouement de la crise », souligne son secrétaire général, Fulgence Assi, dans un communiqué.

La mobilisation des étudiants intervient au lendemain de scènes de violence à Bouaké. Les ivoiriens ont été indignés par la descente d’homme armés qui ont violenté des enseignants. Les grévistes du secondaire, réunis pour définir une stratégie, ont été bastonnés par des individus en cagoules venus dans une voiture banalisée sans plaque d’immatriculation. Ils ont brûlé onze motos et en ont volé quatre autres estimant que le mot d’ordre de grève ne doit pas être appliqué dans la région.

Les enseignants et étudiants voient derrière cette attaque la main d’hommes politiques proches du président Ouattara. Plusieurs blessés dont quatre cas graves (membres fracturés) ont été admis dans les hôpitaux de Bouaké. La grève des professeurs de l’université Félix Houphouët-Boigny d’Abidjan, la principale de Côte d’Ivoire, est entrée lundi dans sa sixième semaine.

Ces grèves, qui touchent également les enseignants des écoles primaires et secondaires, paralysent tout le système éducatif du pays. La mobilisation des étudiants sur le campus de Cocody se fait sous l’œil des forces de l’ordre et est encadrée pour éviter tout débordement bien que des échauffourées soient déjà signalées. Les élèves des lycées et collèges ont été délogés par des groupes d’étudiants et camarades se réclamant de la FESCI.

Ebony T. Christian

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