L'actualité ivoirienne sans coloration politique

Un journaliste détenu pour s’être opposé à l’orpaillage

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Après une série de plusieurs morts et blessés enregistrée dans des localités de la Côte d’Ivoire en raison du développement de l’orpaillage, c’est au tour d’un journaliste ivoirien d’être emprisonné pour s’être opposé à cette pratique illégale.

Depuis près de 12 semaines, le journaliste freelance Yao Hubert Konan a été arrêté et emprisonné à Bouaké dans le centre de la Côte d’Ivoire. Son seul crime est celui de s’être dressé face aux intérêts de la société Mondiale mine dans le village de N’da-Kouassikro (S/P Djékanou) d’où il est originaire. Le confrère détenu dans le secret total – après un séjour à l’hôpital où il était menotté à son lit – sera jugé ce mercredi 31 octobre 2019 à Bouaké. Il n’a eu accès a aucun avocat encore moins aux membres de sa famille qui n’ont eu de ses nouvelles que depuis quelques jours. Les charges d’incitation et trouble à l’ordre public, séquestration de gendarmes en fonction et coups et blessures volontaires sur des gendarmes en fonction ont été retenues contre lui.

Les faits

Selon plusieurs sources, l’arrestation de Yao Hubert Konan s’est faite dans un cadre assez étrange, puisqu’il ne s’agissait en rien d’un flagrant délit ou d’une affaire ayant un lien direct avec le journaliste. Le confrère, après s’être rendu dans son village (N’da-Kouassikro), assiste à un conflit entre la société Mondiale mine et les populations qui s’opposent à l’orpaillage et aux activités de cette société minière dans leur localité. Les populations se dressent face aux intérêts de cette entreprise dont la propriétaire serait la politicienne Henriette Lagou, passée il y a quelques temps sous le parapluie du RHDP (Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix).

Yao Hubert Konan, respecté par les siens tente de jouer les médiateurs afin d’éviter tout drame. Chose qu’il arrive à faire sans grand effort en raison de la confiance et de la crédibilité dont il jouit auprès des populations. Il propose de confier cette affaire d’orpaillage et de présumé droit d’exploitation minière aux autorités compétentes en vue d’éviter toutes actions qui pourraient porter préjudice à la société et aux populations elles-mêmes. Les parents en colère acceptent l’option proposée par le confrère.

Après ces évènements, Yao Hubert Konan décide le lendemain de regagner Abidjan. C’est alors qu’il est interpelé dans le véhicule de transport en commun qui le ramène vers la capitale économique ivoirienne. Il demande alors à voir le mandat d’arrêt émis contre lui avant de s’exécuter. Les gendarmes ne donnent aucune suite à cette requête. S’en suit une bagarre entre les 4 gendarmes et le journaliste. Bilan, un gendarme et le confrère blessé. Yao Hubert Konan se réveille plus tard à l’hôpital menotté et blessé. Selon des témoins de la scène et le représentant de la communauté villageoise de N’da-Kouassikro c’est le journaliste lui-même fils de la région qui aurait été bastonné par les gendarmes.

Le syndicat national des professionnels de la presse de Côte d’Ivoire (SYNAPPCI) et l’ONG No Vox ont exigé la libération du confrère.

« Le SYNAPPCI exige la libération sans  condition de Hubert Konan et demande au ministre Sidi Touré de se saisir de cette situation  pour  mettre fin  aux souffrances du journaliste  pour qu’il exerce librement  son métier, celui  d’informer l’opinion sur l’orpaillage clandestin à N’dakouassikro du département  de Djékanou. Nous appelons  le gouvernement à mettre fins à l’incarcération du journaliste  ne Côte d’Ivoire. Et par conséquence, invitons tous les  journalistes ivoiriens et ailleurs  à se  mobiliser pour  obtenir la libération de  leur  confrère  injustement détenu  à Bouake dans  le cadre de sa fonction», indique Guillaume Gbatto, secrétaire général du SYNAPPCI.

Ebony T. Christian

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